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Une médecine générale jeune et nettement féminine

SUITE DE LA COUVERTURE Le cadastre des médecins généralistes actifs en Wallonie, récemment mis à jour par l'Aviq, va au-delà du simple recensement du nombre de médecins actifs. Tant sur le plan de l'âge que sur celui du genre, les tendances se confirment, mais l'année 2024 pourrait bien avoir été un moment charnière dans ces évolutions.

jeune médecin généraliste femme

Avant d'aborder le profil du médecin généraliste, il est nécessaire de faire un détour sur le calcul de la densité médicale, réalisé par l'Aviq. Elle confirme la situation critique en province de Luxembourg. 90 médecins généralistes pour 100.000 habitants, c'est le point de pivot symbolique fixé par l’Aviq pour déterminer si une région, avec sa population donnée, est en situation de pénurie. S’il est fréquent pour une commune de se retrouver sous ce seuil et de devoir arborer le fameux statut, c’est plus rare à l’échelle d’une province, qui peut généralement compter sur ses grands centres urbains, davantage équipés en médecins généralistes, pour garder la tête hors de l’eau.

C’est raté pour la province de Luxembourg, qui passe plus nettement que jamais sous cette barre des 90 médecins / 100.000 habitants (84,4 MG par 100 000 habitants, -2,35 % par rapport à 2023, -11 % par rapport à 2016, et -25 % en équivalents temps plein, toujours par rapport à 2016). Dans toutes les autres provinces wallonnes, la densité médicale a augmenté d’en moyenne +1,50 %, le BW loin devant avec près de 110 généralistes pour 100.000 habitants.

Il manque 326 médecins généralistes disponibles aujourd’hui

À l’échelle communale, le nombre de communes en pénurie est stable par rapport à l’an dernier, et diminue même légèrement par rapport à 2016 (132 au lieu de 151). « Cette amélioration ne concerne cependant pas les communes en pénurie sévère », nuance l’Aviq. Comme évoqué plus haut, la situation de pénurie s’est améliorée en BW, Hainaut et en province de Namur, dans une moindre mesure en province de Liège, mais pas en province de Luxembourg, où pas moins de 91 % des communes sont en situation de pénurie de généralistes (contre 86 % en 2016).

En définitive, l’Aviq calcule que, pour combler le déficit actuel et avoir au moins 90 médecins généralistes pour 100.000 habitants dans chaque commune, il faudrait 162 médecins supplémentaires (une carte détaillée des besoins par commune arrive ici tout prochainement). C’est une vision à très court-terme, car pour remplacer les médecins qui prendront probablement leur retraite au cours des cinq prochaines années, il faudrait 633 médecins supplémentaires (dont 326 dès maintenant pour remplacer les 326 médecins qui ont actuellement déjà 70 ans). Du fait de leur large population, c’est en Hainaut (322) et en province de Liège (234) qu’on en attend le plus. Les besoins sont de 59 en Brabant wallon, 84 en province de Luxembourg, et 96 en province de Namur.

Un tassement du rajeunissement

Les chiffres de l’Aviq fournissent également des informations sur le profil des médecins. Curieusement, alors que l’âge moyen des médecins généralistes actifs n’avait cessé de diminuer depuis le début de la collection des données en 2016 (de 53 ans, on perdait presque une année par an pour atteindre 47,6 ans en 2023), cela semble se tasser en 2024 pour plancher à un âge moyen de 47,4 ans cette année.

En Luxembourg, l’âge moyen du généraliste remonte même très légèrement (mais reste un des plus jeune à l’échelle de la Wallonie, comme en Brabant wallon, 45,5 ans). C’est en Hainaut que le généraliste moyen est le plus âgé, à un peu plus de 48 ans.

âge moyen généralistes
© Le journal du Médecin

Poursuite de la féminisation… mais pas indéfiniment

Une tendance qui se poursuit, par contre, c’est bien la féminisation de la profession. « En 2024, pour les médecins de 55 ans et plus, qui ont donc terminé leurs études il y a au moins 30 ans, le ration femme / homme est en faveur des hommes (2,5 fois plus d’hommes que de femmes) », explique l’Aviq. « Pour les médecins de 45-54 ans, il y a quasiment autant de médecins femmes que de médecins hommes (ratio à 1,2). Pour les tranches d’âge plus jeunes, le ratio est inversé et il y a plus de femmes que d’hommes (2,3 femmes pour un homme chez les 35-44 ans et 2,1 chez les 25-34 ans.) »

À titre anecdotique, chez les moins de 55 ans, le Brabant wallon est ultra-féminin (près de 75 % de généralistes femmes, là où les autres provinces se situent dans une fourchette entre 62 et 67 % de femmes. On note enfin, ici aussi, une sorte de tassement dans la féminisation de la profession. La tranche d’âge des plus jeunes généralistes (25-34 ans) est la seule où le rapport femme / homme, bien que toujours supérieur à 2, décroit en l’espace des neuf dernières années (de 2,9 à 2,1). Un constat raccord avec les autres observations de l’Aviq : dans le Brabant wallon, où, rappelons le, les médecins sont les plus jeunes, le taux de généralistes femmes de moins de 55 ans n’a grimpé que de +0,9 points par rapport à 2016, alors qu’il grimpe de plus de 10 points en Hainaut sur la même période.

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Écrit par François Hardy24 février 2026

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