Nouveau Plan Cancer : trois axes pertinents pour le terrain
Le Plan Cancer 2026-2036 fixe un nouveau cap décennal pour la prise en charge globale de la maladie. Zoom sur ce qui est prévu concernant l’efficience thérapeutique, les soins complexes et le survivorship.
À l’heure où l’incidence du cancer augmente et où les budgets alloués à la santé sont de plus en plus sous pression, comment rationaliser les dépenses et assurer la pérennité du système sans sacrifier à la qualité et à l’accès aux soins ?
C’est tout l’enjeu du nouveau Plan Cancer et de ses 34 actions. Pour les cliniciens, trois axes nous semblent d’emblée pertinents à évoquer.
Viser l’efficience
Premier axe : l’efficience thérapeutique. Pour rappel, selon une étude du KCE publiée en 2021, la forte hausse des dépenses en médicaments innovants ne s’est pas accompagnée d’une amélioration de la survie globale entre 2004 et 2017 pour la moitié des indications étudiées… Le Plan vise donc le bon traitement, au bon patient, au bon moment et à la bonne dose, sur base des données de la vie réelle.
La nouvelle direction Appropriate Care de l’INAMI, créée l’année dernière, et le futur Fonds Post Reimbursement doivent y contribuer, respectivement par des recommandations d’utilisation efficace et en soutenant la recherche sur l’optimisation des traitements.
Expertises et soins complexes
Deuxième axe : l’organisation des soins, de proximité quand c’est possible, concentrée quand c’est nécessaire. Forte des conventions INAMI de 2019 sur la chirurgie complexe – avec des baisses de la mortalité postopératoire à 90 jours pour les cancers de l’œsophage et du pancréas –, la concentration de certains volets des soins dans des centres de référence s’étendra bientôt à d’autres types de tumeurs (ovariennes et pulmonaires, notamment).
L’INAMI doit aussi réviser l’organisation et le financement de la COM. L’objectif est de mieux tenir compte de l’activité et des besoins réels, de la complexité des cas et de l’expertise nécessaire plutôt que du seul volume de cas discutés.
Pour les tumeurs rares, complexes ou difficiles à traiter, le Plan prévoit de pérenniser le Molecular Tumour Board national afin d’aider les médecins à interpréter les données moléculaires complexes et à formuler des recommandations thérapeutiques personnalisées.
Structuration des soins de survivorship
Troisième axe : le Plan veut renforcer et mieux organiser l’accompagnement postcancer. L’enjeu est de taille : il s’agit d’accompagner le presque demi-million de Belges ayant reçu un diagnostic de cancer ces dix dernières années. La réforme du modèle de soins en hémato-oncologie, l’harmonisation de l’accompagnement des trajets de soins (notamment via les oncocoachs) et un cadre durable pour les soins aux adolescents et jeunes adultes (AJA) devraient contribuer à mieux structurer le suivi des séquelles tardives et la réinsertion socioprofessionnelle des survivants et survivantes du cancer.
> Nous reviendrons sur le nouveau Plan Cancer dans notre prochaine édition JM Spécialiste update Oncologie-Hématologie (décembre 2026).
Références
SPF Santé publique, INAMI, Sciensano, KCE et AFMPS, « Plan Cancer belge 2026-2036 », octobre 2026
.