Cancer du sein : chirurgie endoscopique couplée à une reconstruction à partir de tissus autologues (AZ Sint-Lucas Bruges)
Fin octobre, mois de sensibilisation au cancer du sein, une mastectomie par voie endoscopique a été réalisée chez une patiente atteinte d’un cancer du sein à l’AZ Sint-Lucas de Bruges. Le sein a été immédiatement reconstruit à partir des propres tissus de la patiente, sans cicatrice visible sur le sein. L'intervention, réalisée par la gynécologue Femke Delporte et le chirurgien plasticien Winston Wittesaele, marque une nouvelle étape dans le traitement du cancer du sein.
En bref
Une mastectomie endoscopique avec reconstruction immédiate à partir de tissus abdominaux autologues.
Cette combinaison était auparavant surtout utilisée lors de mastectomies préventives.
Pour certaines patientes, elle offre une possibilité supplémentaire de reconstruction.
En avril 2025, l’AZ Sint-Lucas de Bruges avait réalisé pour la première fois une mastectomie sans cicatrice visible chez une patiente atteinte d’un cancer du sein. Le sein avait alors été reconstruit à l’aide d’un implant.
Fin octobre, cette reconstruction a été réalisée pour la première fois à partir des propres tissus d’une patiente atteinte d’un cancer du sein. "Jusqu’à présent, cette combinaison n’était possible que dans le cadre d’interventions préventives", explique l'hôpital par voie de communiqué.
La technique
Lors de l’intervention, le chirurgien retire le tissu glandulaire mammaire contenant la tumeur ainsi que le ganglion sentinelle, par une petite incision pratiquée dans l’aisselle. La peau et le mamelon sont préservés.
Le chirurgien plasticien procède ensuite à la reconstruction du sein en utilisant principalement du tissu graisseux prélevé au niveau de l’abdomen de la patiente. Sous microscope, les petits vaisseaux sanguins de ce tissu sont raccordés aux vaisseaux sanguins situés dans l’aisselle. L’ensemble de l’intervention est réalisé par cette même petite incision.
"Le résultat est un sein au toucher naturel, sans cicatrice visible sur le sein lui-même. Seule une petite cicatrice subsiste au niveau de l’aisselle, dissimulée dans le pli naturel de la peau", détaille encore l'hôpital.
La qualité de vie au cœur des préoccupations
Les femmes sont de plus en plus nombreuses à survivre au cancer du sein. Leur bien-être après la maladie revêt dès lors une importance croissante.
"Des études antérieures ont déjà montré qu’une reconstruction mammaire à partir des propres tissus de la patiente améliore la qualité de vie après un cancer du sein. Un sein reconstruit à partir de tissus autologues est chaud et doux au toucher et évolue avec le corps", explique le Dr Wittesaele.
En associant cette technique à une mastectomie sans cicatrice visible sur le sein, le résultat se rapproche encore davantage du sein d’origine. Cela peut représenter un avantage considérable pour l’image corporelle, l’intimité et le rétablissement psychologique de la patiente.
Pas pour toutes les patientes
"Cette technique offre un traitement du cancer tout aussi sûr, avec un risque de complications réduit et une plus grande satisfaction des patientes, mais elle ne convient pas à toutes", souligne l’AZ Sint-Lucas.
La taille du sein, la localisation et le type de cancer, ainsi que les éventuels traitements complémentaires, comme la radiothérapie, sont autant de facteurs qui déterminent la faisabilité de l’intervention.
"L’équipe médicale évalue donc chaque situation au cas par cas. Le traitement du cancer reste toujours la priorité absolue. Pour les patientes qui peuvent bénéficier d’une intervention endoscopique, cette avancée signifie avant tout un plus grand choix de possibilités pour la reconstruction de leur sein", précise la Dre Femke Delporte.