TRIC-I-HF : la réparation tricuspide réduit les décès ou hospitalisations chez les patients insuffisants cardiaques
Chez les patients présentant une insuffisance tricuspide sévère, la réparation percutanée améliore la qualité de vie, mais son effet sur la mortalité et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque n’avait pas encore été clairement démontré. Publié dans le New England Journal of Medicine, l’essai randomisé TRIC-I-HF apporte de nouvelles données sur le bénéfice clinique de cette intervention.
TRIC-I-HF est un essai multicentrique allemand, randomisé, ouvert, ayant inclus 360 patients présentant une insuffisance tricuspide sévère symptomatique malgré un traitement médical, avec un risque élevé de décompensation cardiaque. L’âge moyen était de 80 ans, 75 % des patients étaient en classe NYHA III ou IV et 55 % avaient été hospitalisés pour insuffisance cardiaque au cours de l’année précédente. Les patients étaient randomisés selon un ratio 2:1 entre réparation tricuspide percutanée associée au traitement médical (n = 237) et traitement médical seul (n = 123). L’intervention reposait principalement sur une réparation bord à bord, utilisant les dispositifs PASCAL ou TriClip.
Une réduction majeure des événements cliniques
Au bout d'un an, le critère principal hiérarchique associant mortalité toutes causes, hospitalisations pour insuffisance cardiaque et amélioration de la qualité de vie était significativement favorable à l’intervention, avec un rapport de victoire de 2,42 (IC95 % : 1,76–3,33 ; p < 0,001).
Le bénéfice s'étendait également au deuxième critère principal, associant les décès et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Après trois ans, la proportion estimée de patients vivants sans hospitalisation pour insuffisance cardiaque atteignait 52,4 % dans le groupe d'intervention contre 21,0 % dans le groupe de traitement médical (HR 0,40 ; IC95 % : 0,29–0,55 ; p < 0,001). Au bout d'un an, le nombre de patients à traiter pour éviter un décès ou une hospitalisation pour insuffisance cardiaque était estimé à quatre, selon une analyse post hoc.
Un suivi à long terme encore limité
La réparation percutanée a également amélioré le statut fonctionnel : à un an, 73,8 % des patients du groupe interventionnel étaient en classe NYHA I ou II, contre 57,0 % dans le groupe médical. Des événements indésirables majeurs étaient rapportés chez 5,9 % des patients dans les 30 jours suivant l’intervention.
Ces résultats suggèrent que le bénéfice de la réparation tricuspide dépasse la seule amélioration symptomatique, notamment chez les patients à haut risque de décompensation. Le caractère ouvert de l’essai et le passage de certains patients du groupe médical vers l’intervention après une décompensation cardiaque compliquent toutefois l’interprétation des critères secondaires. En particulier, seuls 20,5 % des patients éligibles ont achevé le suivi à trois ans, ce qui limite la robustesse des estimations à long terme. Ces données renforcent néanmoins l’intérêt d’une évaluation spécialisée de ces patients dans des centres expérimentés.
Référence
Hausleiter J, Stocker TJ, Geisler T, et al. Tricuspid-valve intervention in heart failure. N Engl J Med. 2026;395(14):1363-1373. doi:10.1056/NEJMoa2606934