Infection par le VIH : Un facteur de risque indépendant d’ostéoporose
L’infection par le VIH est identifiée comme un facteur de risque indépendant d’ostéoporose, avec une diminution significative de la densité minérale osseuse chez les personnes séropositives. L’augmentation du risque est favorisée par l'inflammation permanente due au virus, l'âge et les effets secondaires de certains traitements antirétroviraux. Dans une étude [1] réalisée en Afrique sub-saharienne, une ostéoporose est diagnostiquée chez plus de la moitié des femmes, en contraste avec ce qui s’observe dans nos régions.
Les PVVIH présentent souvent une diminution de la DMO et un risque fracturaire accru confirmé par un score T < -2,5 (DEXA). Dans une analyse [2] de l’étude NHANES, les scores T dans la population séropositive étaient significativement inférieurs à ceux de la population séronégative. De plus, des facteurs tels que l'âge, le sexe, l'IMC, la race, les habitudes de consommation d'alcool, le diabète et l'arthrite influencent aussi les scores T. Les mécanismes précis par lesquels l'infection par le VIH contribue à l'ostéoporose ne sont pas complètement élucidés.
Une femme sur deux avec une ostéoporose
Cette étude [1] a inclus 178 PVVIH (âge médian : 58 ans) avec une DMO mesurée au niveau du rachis. La durée médiane du traitement antirétroviral (ART) était de 12,3 ans. Trois quarts des femmes (72,6 %) étaient traitées par un ART à base de ténofovir disoproxil fumarate (TDF) et 93,2 % avaient une charge virale indétectable (< 50 copies/mL). Un tiers avait une déficience en vitamine D (< 20 ng/mL) et 12,3% avaient un diabète de type 2.
Plus de la moitié (56,4%) des femmes avaient une ostéoporose et 33 % avaient une ostéopénie. La prévalence de l’ostéoporose était de 80% chez les ≥ 65 ans et 50,7% entre 50 et 64 ans. Six PVVIH sont à risque élevé de fracture de la hanche ou de fracture ostéoporotique majeure sur base du FRAX (Fracture Risk Assessment Tool). En analyse multivariée, un IMC plus élevé et un diabète étaient significativement associés à une diminution du risque d’ostéopénie / ostéoporose comparativement aux femmes ayant une DMO normale. Par contre, un ART à base de TDF était associé à une augmentation du risque.
Surveiller la perte osseuse
Plus d’une femme séropositive > 50 ans sur deux souffrent d’ostéoporose dans cette étude et seulement une sur dix a une DMO normale, malgré la faible prévalence des facteurs de risque traditionnels (tabagisme, consommation d’alcool, antécédents de fractures ou de chutes).
Parmi les explications avancées, les auteurs citent la durée de l’infection, un usage intensif du TDF et une déficience en vitamine D. Un IMC plus élevé est protecteur, ce qui suggère une interaction complexe entre les œstrogènes dérivés du tissu adipeux, l’augmentation des contraintes mécaniques et l’inflammation chronique. Une perte osseuse chez une PVVIH justifie un bilan biologique et une prise en charge rapide.
Références
1. Dlamini WW, et al. CROI 2026; #732
2. Wáng Y, et al. Quant Imaging Med Surg. 2022;12:4346–60