Grossesse sous DIU : quelle conduite tenir ?
La survenue d’une grossesse sous dispositif intra-utérin (DIU) reste rare, mais confronte rapidement le clinicien à deux situations distinctes : poursuite ou interruption de grossesse. Deux publications récentes apportent des données utiles sur la prise en charge des grossesses survenant sous DIU, qu’il s’agisse d’une grossesse poursuivie ou d’une IVG médicamenteuse du premier trimestre.
En cas de grossesse avec DIU en place, la première étape reste d’exclure une grossesse ectopique et de localiser le dispositif par échographie. Lorsque la grossesse est poursuivie, le retrait du DIU est généralement recommandé si les fils sont visibles, bien que les données disponibles concernant son impact sur les complications obstétricales restent limitées.
Retrait du DIU en cuivre : moins de fausses couches et de saignements
Une méta-analyse publiée en 2025 a regroupé quatre cohortes non randomisées totalisant 693 grossesses et s’est principalement intéressée aux DIU au cuivre. Parmi ces patientes, 402 ont eu un retrait du dispositif après le diagnostic de grossesse, contre 291 chez lesquelles le DIU a été laissé en place pendant la grossesse.
Cette méta-analyse suggère qu’un retrait du DIU après le diagnostic de grossesse pourrait réduire le risque de fausse couche et de saignements pendant la grossesse. Les fausses couches étaient moins fréquentes après retrait du dispositif (OR 0,29 ; IC95 % 0,17-0,48 ; p < 0,01), tout comme les saignements pendant la grossesse (OR 0,42 ; IC95 % 0,24-0,73 ; p < 0,01). Le niveau de preuve restait toutefois modéré en raison du caractère non randomisé des études et du risque de biais résiduel.
En revanche, aucune différence significative n’était observée concernant l’accouchement prématuré, la chorioamniotite, la rupture prématurée des membranes, le retard de croissance intra-utérin ou les malformations congénitales. Les auteurs soulignent toutefois l’absence de données robustes concernant les DIU hormonaux, la position du sac gestationnel par rapport au dispositif, l’âge gestationnel au diagnostic ainsi que le moment du retrait du DIU.
IVG médicamenteuse : efficacité maintenue malgré un DIU laissé en place
Une étude écossaise rétrospective a évalué les IVG médicamenteuses du premier trimestre (<12 semaines) chez des patientes présentant un DIU toujours visible à l’échographie. Parmi 18.436 demandes d’IVG enregistrées entre 2020 et 2024, cette situation concernait 61 patientes.
Le DIU a pu être retiré avant l’IVG dans 46 cas (75 %). Chez les 15 patientes restantes, le dispositif a été laissé en place faute de retrait possible. Les taux d’IVG complète restaient élevés dans les deux groupes : 100 % après retrait du DIU contre 93 % lorsque celui-ci était maintenu en place (14/15 cas). Une seule grossesse évolutive a été observée dans le groupe DIU laissé en place, secondairement traitée avec succès. Aucun cas d’hémorragie sévère ni d’infection nécessitant des antibiotiques IV n’a été rapporté.
Lorsque le DIU était maintenu en place, il était expulsé spontanément au moment de l’IVG dans 40 % des cas ; sinon, un retrait secondaire était réalisé, le plus souvent en consultation.
Ces résultats suggèrent qu’une IVG médicamenteuse du premier trimestre peut être réalisée de façon sûre et efficace même lorsque le DIU ne peut être retiré, avec des taux de succès et de complications comparables à ceux observés après retrait préalable du dispositif, sous réserve d’un suivi confirmant l’expulsion ou le retrait secondaire du DIU.
Références
1. Molino GOG, Santos ACFdF, Dias MMF, et al. Retained versus removed copper intrauterine device during pregnancy: an updated systematic review and meta-analysis. Acta Obstet Gynecol Scand. 2025;104(5):804-814. doi:10.1111/aogs.15061.
2. Marsh K, Cameron ST. Outcomes of medical abortion with an intrauterine device in situ: a retrospective review. Eur J Contracept Reprod Health Care. 2026;31(1):43-47. doi:10.1080/13625187.2025.2568759.