Analogues des incrétines dans l’obésité : que faire ensuite ?
Les modalités d’initiation et de titration progressive des agonistes du récepteur du GLP-1 (GLP-1 RA), ainsi que du tirzépatide, agoniste des récepteurs GLP-1/GIP, jusqu’à l’obtention d’une dose efficace, sont désormais bien établies dans la prise en charge de l’obésité. En revanche, la stratégie optimale de maintien pondéral par la suite demeure encore en partie méconnue.

L’utilisation des analogues des incrétines s’accompagne, chez la majorité des patients obèses, d’une réduction pondérale significative, avec des pertes pouvant, dans certains cas, dépasser 50 kg. À l’inverse, une proportion de patients n’en tire pratiquement aucun bénéfice, pour des raisons diverses.
Poids cible atteint : quelle stratégie ensuite ?
Après une exposition prolongée à une dose adéquate, une proportion de patients atteint son poids cible. La question du maintien pondéral lors de la réduction ou de l’arrêt du traitement se pose alors. Les effets cardiométaboliques favorables, indépendants de la perte pondérale, rendent la réponse à cette question encore plus complexe.
Stratégie proposée
Bien qu’il n’existe pas (encore) de recommandations établies, une stratégie de réduction progressive du traitement semble faire l’objet d’un consensus général.
1. Réduction progressive de la posologie
Une diminution progressive de la dose permet une adaptation métabolique et peut limiter la reprise pondérale. Un schéma de décroissance typique, par exemple avec le sémaglutide, débute par une réduction de la dose de 2,4 à 1,7 mg, avec un suivi du poids, ainsi que de l’appétit et de la satiété. Si la situation reste stable, la dose peut ensuite être réduite à 1 mg, puis à 0,5 mg, avant un arrêt complet du traitement. Le passage d’un palier de réduction à l’autre peut être ajusté selon des critères prédéfinis (par exemple, une reprise pondérale inférieure à 2 %). Un suivi régulier au cours de cette période est essentiel.
2. Renforcement des interventions sur le mode de vie
L’intensification de l’accompagnement nutritionnel et de l’activité physique est essentielle lors de la réduction du traitement afin de compenser la diminution de l’effet anorexigène pharmacologique. Cette approche est également déterminante durant la phase de traitement elle-même : lorsque la perte de poids est obtenue par un régime associé à une activité physique structurée (notamment de renforcement) et à un GLP-1 RA, la reprise pondérale après l’arrêt de l’intervention est moindre que lorsque seul un GLP-1 RA est utilisé (sans exercice) ou lorsque seules des mesures hygiéno-diététiques sont mises en place (sans GLP-1 RA).
3. Suivi et surveillance
Un suivi régulier, incluant une évaluation systématique du poids et des examens biologiques périodiques, permet d’adapter rapidement la prise en charge.
4. Individualisation
En fonction des préférences du patient, des comorbidités et des objectifs thérapeutiques globaux, des modalités de prise en charge individualisées doivent être définies avec chaque patient.
5. Reprise intermittente du traitement
Les données disponibles à ce sujet sont limitées, mais la reprise du traitement en cas de reprise pondérale modérée apparaît comme une option pertinente.
Références
1. Brufani C, Morviducci L. Semaglutide in a real-world outpatient setting: discontinuation patterns and weight maintenance. Obesity and Endocrinology. 2025;1(2):July. doi:10.1093/obendo/wjaf011
2. Rodriguez PJ, Zhang V, et al. Discontinuation and Reinitiation of Dual-Labeled GLP-1 Receptor Agonists Among US Adults With Overweight or Obesity. JAMA Netw Open. 2025;8(1):e2457349. doi:10.1001/jamanetworkopen.2024.57349