Implant sous-rétinien photovoltaïque : une restauration de la vision centrale dans la DMLA atrophique
On sait que la DMLA atrophique est l’une des principales causes de cécité centrale et irréversible chez le sujet âgé, sans option thérapeutique validée jusqu’ici. Cependant, les progrès en matière de miniaturisation dans le domaine de l’électronique pourraient modifier la donne.

Ainsi, une étude clinique internationale a récemment entrepris d’évaluer un implant sous-rétinien photovoltaïque visant à restaurer une vision centrale fonctionnelle chez les patients DMLA qui présentent une atrophie géographique avancée.
Cette étude incluait 38 patients (âge moyen : 67 ans), recrutés dans 17 centres européens et présentant une perte sévère de vision centrale avec une acuité initiale ≥ 1,2 logMAR. Appelé PRIMA, le dispositif consiste en une puce photovoltaïque de 2 × 2 mm, épaisse d’à peine 30 µm et intégrant 378 micro-électrodes.
L’implant est associé à des lunettes équipées d’une caméra capturant l’image, transformée en signaux infrarouges projetés sur la puce qui, à son tour, stimule les cellules rétiniennes résiduelles.
Résultats fonctionnels et implications cliniques
Six participants n’ont pas pu être évalués : trois étaient décédés, un s’était retiré de l’étude et deux n’étaient pas disponibles pour les tests.
Parmi les 32 participants ayant complété les 12 mois de suivi, le système PRIMA a entraîné une amélioration cliniquement significative de l’acuité visuelle par rapport à l’inclusion chez 81% des patients. L’amélioration était ≥ 0,2 logMAR, correspondant à un gain d’au moins dix lettres ETDRS lors de l’utilisation du système. La majorité des sujets ont pu identifier des lettres, des chiffres et des mots courts, certains lisant jusqu’à cinq lignes supplémentaires par rapport à leur vision naturelle. La vision restaurée était monochromatique et de résolution limitée, mais suffisamment fonctionnelle pour des tâches de la vie quotidienne.
En utilisant une imputation multiple afin de tenir compte des six participants avec des données manquantes, les auteurs ont estimé que 80% (IC 95% : 66 à 94 ; p < 0,001) de l’ensemble des participants auraient présenté une amélioration cliniquement significative à 12 mois.
Des effets indésirables gérables
L’acuité visuelle périphérique naturelle moyenne après l’implantation était équivalente à celle observée à l’inclusion. Quant aux effets indésirables, ils étaient majoritairement liés à la phase chirurgicale et jugés acceptables par les auteurs, avec une résolution dans 95% des cas dans les deux mois suivant leur survenue.
Au final, ces résultats constituent la première démonstration clinique robuste de l’efficacité d’un système technologique conçu pour restaurer au moins partiellement la vision centrale dans la DMLA atrophique. La technologie utilisée ouvre ainsi une nouvelle voie thérapeutique pour une pathologie jusqu’ici sans solution.
Référence
Frank G. Holz et al. : Subretinal Photovoltaic Implant to Restore Vision in Geographic Atrophy Due to AMD. New England Journal of Medicine 2025. doi :10.1056/NEJMoa2501396