PremiumMaladies infectieuses

Une maladie tropicale qui progresse

Pas de moustique, pas de virus du Nil occidental

Ce n’était qu’une question de temps avant que des patients infectés par le virus du Nil occidental soient également recensés en Flandre et à Bruxelles. Selon le Département flamand des Soins, dix cas sont suspectés - huit en Flandre et deux à Bruxelles. Le nombre réel de personnes infectées est toutefois nettement plus élevé.

Filip Ceulemans - 17 septembre 2026

mug

« Lorsque des chevaux sont infectés par le virus du Nil occidental, on sait que des cas humains suivront dans un délai relativement court », explique le Dr Jelle Visser, spécialiste de la médecine tropicale et des maladies infectieuses à l’Institut de médecine tropicale (IMT). Quelques jours après la détection d’un cheval contaminé près de Vilvorde, les premiers cas humains ont effectivement été signalés dans notre pays.

Selon le Département flamand des Soins (Departement Zorg), huit cas probables étaient recensés, jeudi 17 septembre, dans les provinces d’Anvers et du Brabant flamand. Parmi les cinq premiers patients, quatre présentaient des symptômes neurologiques et un a été hospitalisé. « Ces premières contaminations confirment ce que les constatations antérieures chez les oiseaux et les chevaux avaient déjà indiqué : le virus du Nil occidental circule actuellement de manière locale en Flandre. Cela ne signifie pas que les Flamands doivent s’inquiéter », tempère la porte-parole Anneleen De Saedeleer.

« Dans nos régions, le virus du Nil occidental peut circuler de mai jusqu’au mois d’octobre environ. »

Une impasse épidémiologique

Jelle Visser se veut lui aussi rassurant. « Les oiseaux constituent le réservoir naturel du virus. Celui-ci arrive dans nos régions par l’intermédiaire des oiseaux migrateurs. Lorsqu’un oiseau infecté est piqué par un moustique - il s’agit ici du moustique commun et non du moustique-tigre -, l’insecte peut ensuite transmettre l’infection à des mammifères comme les chevaux et les êtres humains. Une personne infectée ne transmet pas le virus à une autre personne. Même si elle est piquée par un autre moustique qui n’est pas encore infecté, celui-ci ne transmettra pas le virus, car la charge virale présente dans le sang humain est trop faible. L’être humain est ce que l’on appelle un “hôte cul-de-sac”. C’est une différence importante avec des maladies comme la dengue et le chikungunya, pour lesquelles l’être humain peut servir d’intermédiaire. Il n’y a donc aucune raison de paniquer. »

Dix cas probables en Flandre et à Bruxelles signifient que le nombre réel de contaminations est beaucoup plus élevé. Le Dr Visser ne se risque pas à avancer un chiffre précis. « Mais il est certainement question de dizaines, voire de centaines de personnes infectées. Parmi elles, 80 % ne présentent aucun symptôme et 19 % souffrent de symptômes grippaux légers. Le premier groupe n’est évidemment pas testé, tandis qu’un test n’est guère utile pour le second. Ce n’est que lorsqu’un médecin généraliste constate des symptômes évoquant, par exemple, une méningite que le patient doit être envoyé à l’hôpital et qu’un test est indiqué. Les analyses effectuées dans les centres de prélèvement sanguin pourraient fournir une image plus précise, car des personnes infectées mais asymptomatiques s’y présentent également. »

Aucun vaccin pour l’être humain

« Lorsqu’un patient présentant de tels symptômes arrive à l’hôpital, nous effectuons systématiquement une sérologie », confirme le Dr Erica Sermijn, infectiologue chez AZORG. « L’échantillon est envoyé à l’IMT et nous recevons les résultats quelques jours plus tard. Entre-temps, nous réalisons toujours une ponction lombaire et utilisons un large panel PCR afin de vérifier qu’il ne s’agit pas, par exemple, d’une infection à méningocoques, à pneumocoques ou à Listeria. »

« À l’heure actuelle, il existe uniquement un vaccin destiné aux chevaux. Il n’existe pas non plus de véritable traitement pour l’être humain », précise Jelle Visser. « Nous n’attendons pas les résultats du test pour commencer le traitement », ajoute Erica Sermijn. « Celui-ci consiste généralement en une association de ceftriaxone, d’amoxicilline et d’aciclovir. Nous obtenons les résultats du panel PCR après une à deux heures, ce qui nous permet parfois de cibler davantage le traitement. Si le diagnostic reste incertain, le traitement de soutien se poursuit : apport suffisant de liquides, antiémétiques et antipyrétiques. »

Une immunité à vie

Le nombre de contaminations pourrait encore augmenter au cours des prochaines semaines. « Le virus du Nil occidental est très saisonnier et sa circulation coïncide avec la saison des moustiques. Sans moustiques, le virus ne peut pas se transmettre », souligne Jelle Visser. « Concrètement, cela signifie qu’il peut circuler dans nos régions de mai jusqu’au mois d’octobre environ. Pour se protéger, un seul conseil : éviter autant que possible les piqûres de moustiques. On peut dormir sous une moustiquaire ou installer une moustiquaire aux fenêtres. Il faut également éviter les eaux stagnantes, où les moustiques prolifèrent. »

Le Dr Visser rappelle que certaines catégories de la population sont plus vulnérables que d’autres. « Nous savons que les personnes de plus de 50 ans ainsi que les patients atteints de troubles immunitaires ou prenant des médicaments immunosuppresseurs risquent davantage de développer une forme grave de l’infection. Une personne infectée bénéficie ensuite d’une immunité à vie », conclut le spécialiste des maladies tropicales sur une note positive.

Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

Wat heb je nodig

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
08 septembre 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine