KCE : les tests sanguins PFAS peu utiles pour les groupes à risque
Les risques sanitaires restent encore incertains
Les tests sanguins PFAS n’apportent pas de valeur ajoutée clinique, y compris pour les femmes enceintes, les femmes qui allaitent et les professions à risque. C’est ce qu’affirme le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) dans une étude récente.
Les PFAS - substances per- et polyfluoroalkylées - sont largement répandus et leur présence dans notre environnement est désormais bien connue. La plupart des personnes ont donc des PFAS dans leur organisme, ce qui peut susciter des inquiétudes quant à d’éventuels dommages pour la santé.
Les médecins sont régulièrement sollicités pour des tests, des traitements ou un suivi liés à l’exposition aux PFAS, en particulier par des personnes qui pensent présenter des taux plus élevés dans leur organisme, par exemple en raison de leur lieu de vie ou de travail.
Aucun test sanguin PFAS recommandé
L’an dernier déjà, le KCE estimait qu’il était peu utile de mesurer les taux de PFAS dans le sang, sauf dans le cadre de la recherche scientifique.
Dans un nouveau rapport, le KCE indique désormais que les tests PFAS n’ont pas davantage de valeur ajoutée clinique pour les femmes enceintes, les femmes qui allaitent ou les personnes exposées aux PFAS dans le cadre de leur travail. Les risques sanitaires restent en effet incertains, tout comme les seuils de PFAS à partir desquels ces risques augmenteraient. En outre, il n’existe pas de traitement efficace en cas de concentration élevée de PFAS. Des recherches plus ciblées sont donc nécessaires, en particulier pour ces groupes vulnérables.
Grossesse et allaitement
Pour les femmes enceintes, le suivi habituel de la mère et de l’enfant par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme reste d’application. La politique vaccinale du bébé après la naissance ne doit pas non plus être adaptée : rien ne prouve que les PFAS réduisent la production d’anticorps au point de compromettre la protection offerte par les vaccins.
Même si les PFAS peuvent être transmis par le lait maternel, les avantages de l’allaitement continuent de l’emporter sur les risques potentiels, mais encore incertains, liés aux PFAS. Les recommandations générales en matière d’allaitement restent donc valables.
Professions à risque
Certaines professions peuvent être plus intensément exposées aux PFAS. C’est notamment le cas des travailleurs de l’industrie chimique et du secteur textile, des pompiers, ainsi que des métiers impliquant un contact fréquent avec les sols, comme l’agriculture, les travaux routiers et la construction. Il n’existe toutefois pas encore de vue d’ensemble complète et systématique des professions à risque, et les effets sanitaires des PFAS dans ces métiers ont été peu étudiés.
Le KCE recommande donc davantage de recherches transparentes sur les PFAS dans ce contexte. Celles-ci consisteraient à mesurer l’exposition dans les professions à risque et à l’associer à un suivi clinique de longue durée.
Besoin de recherches plus ciblées et de qualité
Le KCE pointe également un problème méthodologique. « Malgré un nombre croissant d’études, il reste difficile de mettre clairement en évidence les effets des PFAS sur la santé humaine, en raison de méthodes de recherche et de résultats divergents », indique-t-il. En raison d’une réglementation plus stricte, l’exposition à des substances PFAS connues comme le PFOS et le PFOA diminue, mais de nouveaux PFAS, encore moins étudiés, continuent en revanche d’arriver sur le marché.
Dans l’attente de davantage de clarté, la prudence et les mesures visant à limiter l’exposition de la population restent utiles, conclut le KCE.
Bourgeois Jolyce, Castanares-Zapatero Diego, Hulstaert Frank, Roberfroid Dominique. Utilité clinique des tests PFAS ? Focus sur les femmes enceintes, les mères qui allaitent et les personnes exposées dans le cadre professionnel. Health Services Research (HSR). Bruxelles. Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE). 2026. KCE Reports 422AS. DOI : 10.57598/R422AS.