
Question parlementaire
« La stratégie contre le RSV sauve des bébés et permet d’économiser des millions »
Le remboursement de l’immunisation contre le RSV pour les bébés et la vaccination des femmes enceintes démontrent qu’une politique de prévention bien pensée permet non seulement de protéger les jeunes enfants, mais aussi de faire économiser plusieurs millions d’euros aux soins de santé. C’est ce qui ressort de la réponse du ministre Frank Vandenbroucke à une question parlementaire de la députée Kathleen Depoorter (N-VA).
Les résultats provisoires de Sciensano et du groupe belge d’étude pédiatrique sur le RSV montrent une forte diminution du nombre d’hospitalisations liées au RSV chez les bébés de moins de six mois depuis l’introduction du remboursement. La gravité des infections diminue également. L’évaluation définitive est toujours en cours, mais les premiers résultats confirment déjà le gain important, en termes de santé publique, de la protection préventive contre le RSV.
Des millions d’euros d’économies
Pour Abrysvo, le vaccin contre le RSV destiné aux femmes enceintes, l’INAMI estime que la campagne de vaccination sur la période 2025-2027 permettra d’économiser près de 17 millions d’euros en soins de santé grâce à la diminution du nombre d’hospitalisations. Seuls les coûts médicaux directs ont été pris en compte. Les absences au travail des parents, les soins ambulatoires et les bénéfices éventuels à plus long terme pour la santé n’ont pas été intégrés dans le calcul, ce qui laisse penser que le gain sociétal réel est probablement encore nettement plus élevé.
Beyfortus, ou nirsevimab, démontre également sa plus-value économique. Même si son remboursement représente un investissement important, la Commission de remboursement des médicaments calcule que le traitement des bébés prématurés entraînera finalement une économie nette de plus de 1,5 million d’euros sur le budget total des soins de santé sur trois ans. La diminution des infections respiratoires graves, des hospitalisations et des admissions en soins intensifs compense une part importante du coût de l’investissement.
Moins d’angoisse
Chaque année, des milliers de bébés atteints de RSV se retrouvent aux urgences ou sont hospitalisés. Pour les parents, il s’agit souvent de journées particulièrement angoissantes, durant lesquelles leur nouveau-né peine à respirer. Grâce à la prévention, bon nombre de ces hospitalisations peuvent être évitées.
Selon les premières évaluations, les services de pédiatrie retrouvent eux aussi un peu d’oxygène. Alors que le pic de RSV entraînait auparavant des services saturés et une forte pression sur les infirmiers et les pédiatres, les soignants peuvent aujourd’hui à nouveau consacrer davantage de temps à des soins de qualité pour tous les enfants.
Kathleen Depoorter (N-VA) : « Beyfortus pour les bébés comme la vaccination contre le RSV pendant la grossesse protègent nos plus jeunes enfants et permettent d’économiser des millions d’euros aux soins de santé. Mais le gain le plus important, ce sont ces parents qui n’ont pas à voir leur bébé lutter pour chaque respiration aux soins intensifs. »