Les signalements de maltraitance infantile sont en hausse en Flandre
L'année dernière, 11.367 enfants ont été signalés à un centre flamand spécialisé dans la maltraitance infantile. Cela représente 454 cas de plus qu'en 2024, soit une hausse de 4 %. C’est ce qu’a annoncé lundi la ministre flamande du Bien-être, Caroline Gennez (Vooruit). Elle s’engage à débloquer 1,5 million d’euros supplémentaires pour lutter contre la maltraitance des enfants.

Le rapport annuel 2025 du "Vertrouwenscentrum Kindermishandeling" (VK - "Centre de confiance contre la maltraitance des enfants") et du Centre d’expertise flamand contre la maltraitance des enfants (VECK) montre que la pression sur le secteur reste forte. Le nombre de signalements a ainsi continué d’augmenter pour atteindre 7.642. Au total, 11.367 enfants ont été signalés au VK. Cela représente 454 enfants de plus qu’en 2024, soit une hausse de 4 %.
En chiffres
La Flandre et Bruxelles comptent à elles deux six "centres de confiance contre la maltraitance des enfants" : un dans chaque province flamande et un à Bruxelles. La plupart des signalements de maltraitance d’enfants ont été reçus par les "centres de confiance" d’Anvers (1 677) et de Flandre orientale (1 549). Bruxelles complète le trio de tête avec 1.493 signalements. Le nombre le plus faible de signalements a été enregistré dans les provinces du Limbourg (873) et de Flandre occidentale (771).
Le nombre d’enfants signalés de manière unique en 2025 s’élève à 11.367. Avec 2.197 enfants, la tranche d’âge des 12 à 14 ans est la plus représentée dans les signalements. Les signalements sont toutefois répartis de manière relativement homogène sur toutes les tranches d’âge de 0 à 17 ans, avec quelques cas isolés allant jusqu’à 25 ans, principalement en raison de prises de contact via Nupraatikerover.be. En 2025, on a également recensé 1.305 signalements concernant de très jeunes enfants (de la période prénatale à 2 ans).
La plupart des signalements en 2025 provenaient des structures scolaires (28 %) et du secteur de la santé (25 %). Ces secteurs continuent de jouer un rôle crucial dans la détection de la maltraitance des enfants. Par ailleurs, les organisations d’aide sociale (15 %) et l’entourage proche de l’enfant (14 %, souvent via Nupraatikerover.be) sont également des sources importantes de signalements.
Maltraitance et négligence
La plupart des signalements en 2025 concernent la maltraitance émotionnelle ou la négligence (36 %), suivis par la maltraitance physique ou la négligence (30 %). Les abus sexuels représentent 14 % des signalements, tandis que les situations à risque et les difficultés d’adaptation représentent ensemble 14 %. On note une forte augmentation des signalements liés à la maltraitance physique ou à la négligence par rapport à 2024 (+10,72 %), tandis que les abus sexuels et les situations à risque sont en légère baisse.
Les signalements auprès des VK ne représentent qu’une partie du nombre d’enfants qui grandissent dans des conditions dangereuses en Flandre et à Bruxelles
Rechercher de l’aide plus rapidement
La hausse des chiffres montre que les professionnels, les familles, les témoins, les enfants et les jeunes cherchent de l’aide ou font part de leurs inquiétudes de plus en plus rapidement. Il s’agit là d’une évolution positive. Mais dans le même temps, ces chiffres soulignent l’ampleur du défi sociétal. En effet, les signalements auprès des centres de confiance ne représentent qu’une partie du nombre d’enfants qui grandissent dans des conditions dangereuses en Flandre et à Bruxelles.
La ministre flamande Gennez débloque 1,5 million d’euros supplémentaires pour les centres de confiance et le centre d’expertise. Cet investissement, qui vise à renforcer leur fonctionnement de base, doit permettre aux enfants et aux familles de bénéficier plus rapidement d’une aide adaptée en cas de signes de maltraitance, de négligence ou d’abus.