Le changement climatique frappe particulièrement durement les enfants atteints de troubles neurologiques
Les enfants sont particulièrement vulnérables aux conséquences du changement climatique. C’est encore plus vrai pour les enfants atteints d’une affection neurologique ou d’un trouble du développement, avertit Tessa Wassenberg, chercheuse à la VUB et à l’UZ Brussel, et neuropédiatre.
Avec des collègues internationaux, Tessa Wassenberg appelle à l’action dans un article scientifique publié dans le European Journal of Paediatric Neurology.
Les phénomènes météorologiques extrêmes, de plus en plus fréquents - vagues de chaleur, inondations, sécheresses, feux de forêt et tempêtes - représentent un risque pour la santé. De manière indirecte, le changement climatique accroît aussi l’exposition à la pollution de l’air et de l’eau, aux toxines, aux allergènes et aux maladies infectieuses. Il augmente également les risques d’insécurité alimentaire, de dégradation de l’environnement, de migration, de conflits et de troubles du sommeil.
« Pour les enfants, le changement climatique comporte des risques spécifiques », explique Tessa Wassenberg, membre depuis janvier 2026 du conseil d’administration de l’European Paediatric Neurology Society (EPNS), où elle coordonne les questions liées au changement climatique et à la durabilité. « Ils ont, par exemple, une régulation de la température moins efficace et sont plus sensibles à la déshydratation. »
Les enfants vivant dans des régions vulnérables et dans des familles disposant de moyens limités sont souvent les plus durement touchés, alors que ces régions sont généralement celles qui ont le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre.
Des risques spécifiques
Les enfants atteints d’affections neurologiques sont confrontés à des risques particuliers. « La chaleur peut ainsi déclencher ou aggraver des crises dans certaines formes d’épilepsie. La pollution de l’air et les températures extrêmes sont également associées à une augmentation des migraines, des troubles du comportement et à de possibles effets sur le développement du cerveau », précise Tessa Wassenberg.
Des soins résilients face au climat sont nécessaires. « Les enfants atteints d’affections neurologiques chroniques dépendent souvent de soins continus, de médicaments et d’un suivi spécialisé », poursuit-elle. « Nous devons donc réfléchir non seulement à la durabilité, mais aussi à la résilience : comment faire en sorte que ces enfants continuent à recevoir les soins appropriés, même lorsque des événements climatiques mettent le système de santé sous pression ? »
Il existe en outre un paradoxe dans les soins de santé : ils protègent, mais contribuent aussi de manière importante aux émissions mondiales de CO2. « Les systèmes de soins doivent devenir plus durables, tout en étant mieux préparés aux chocs climatiques », conclut-elle.