Prix Galien 2025
Le jury récompense un mode d’action innovant
Avec Welireg®, un médicament à base de la molécule belzutifan, MSD Belgium a su convaincre le jury et décrocher le Prix Galien 2025.
Lors de l’annonce du lauréat du Prix Galenus 2025, le Pr Koen Augustyns a surtout salué, au nom du jury, le mode d’action innovant et la large pertinence clinique de la molécule. « Chez les patients atteints de la maladie de von Hippel-Lindau, des tumeurs peuvent se développer à différents endroits du corps, souvent de manière récurrente et avec un impact considérable sur la qualité de vie, le suivi et le traitement. »
Welireg® agit grâce à la substance active belzutifan. Ce médicament appartient à une nouvelle classe de traitements anticancéreux ciblés qui inhibent HIF-2α. HIF-2α est impliqué dans des processus qui peuvent favoriser la croissance tumorale et la formation de vaisseaux sanguins, notamment dans certaines tumeurs liées à la maladie de VHL et dans le carcinome rénal à cellules claires.
Mécanisme fondamental
« Le belzutifan agit sur un mécanisme fondamental de la biologie tumorale et montre une activité sur plusieurs localisations tumorales liées à la maladie de VHL », souligne le jury. « Pouvoir ralentir la maladie de deux à trois ans est important dans une affection ayant un impact sociétal majeur. »
Cette distinction intervient à un moment où l’inhibition de HIF-2α suscite un grand intérêt scientifique au niveau international. Lors du récent congrès de l’European Association of Urology à Londres, de nouvelles données de phase 3 concernant le belzutifan dans le carcinome rénal à cellules claires ont été présentées lors d’une « Game Changer Session ».
Reconnaissance belge pour une innovation internationale
Le Prix Galien a été créé en France en 1970 par le pharmacien Roland Mehl en hommage à la recherche pharmacothérapeutique innovante.
En 1970, le pharmacien français Roland Mehl, décédé l’an dernier à l’âge de 101 ans, a créé cette distinction en hommage à la recherche pharmaceutique innovante. Son ambition était claire : préserver la reconnaissance sociétale de la recherche sur les médicaments et montrer de manière visible l’importance de l’innovation pharmaceutique pour la santé et la qualité de vie des patients. Le Quotidien du Médecin s’est immédiatement associé à cette initiative et a pris en charge l’organisation du prix.
Depuis 1982 en Belgique
Depuis 1982, la Belgique dispose également de sa propre édition, organisée dès le départ par Le journal du Médecin & Artsenkrant. Aujourd’hui, le Prix Galien est décerné non seulement en France et en Belgique, mais aussi chaque année dans quatorze autres pays, parmi lesquels les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, l’Inde, les Pays-Bas, l’Italie et la Grèce. Il existe également un Prix Galien pour le continent africain.
En Belgique, le prix est devenu une référence incontournable dans le domaine des soins de santé et de l’innovation pharmaceutique. Parmi les précédents lauréats belges figurent notamment des traitements révolutionnaires en oncologie, en immunologie, dans les maladies infectieuses, les maladies rares et la thérapie génique.
Bart De Wever : « Nous devons redoubler d’efforts pour soutenir l’industrie »
En marge de la remise du Prix Galien 2025, le Premier ministre Bart De Wever a souligné, dans un entretien avec Le journal du Médecin, l’importance du secteur pharmaceutique pour l’économie belge.
44.507 emplois, 6.330 chercheurs, 6,1 milliards d’euros consacrés à la recherche et au développement, 73,1 milliards d’euros d’exportations et 14,1 milliards d’euros de valeur ajoutée générés par le secteur biopharmaceutique. Les chiffres de 2025 montrent clairement l’importance du secteur biopharmaceutique pour la Belgique. « Quand on observe les sciences de la vie dans notre pays, et le secteur pharmaceutique en particulier, on constate qu’ils sont surreprésentés dans notre économie », confirme le Premier ministre Bart De Wever. « C’est un secteur extrêmement important. »
Les joyaux de la couronne
Le Premier ministre déduit de ces chiffres que la Belgique dispose encore d’un bon écosystème pour la recherche et le développement, mais que celui-ci est en même temps sous pression. « La concurrence et le dumping en provenance de Chine, ainsi que les pratiques des États-Unis, font que nous devrons redoubler d’efforts pour pouvoir préserver et renforcer ces joyaux de notre couronne. »
« Dans nos chiffres à l’exportation, l’industrie pharmaceutique pèse très lourd », confirme Bart De Wever. « Et nous aimerions que cela reste ainsi. Nous devrons donc également redoubler d’efforts au niveau national. Nous devons mener une politique visant à soutenir et à préserver notre industrie. Il y a clairement du travail à accomplir au niveau européen pour mieux intégrer nos marchés, faciliter l’accès des secteurs au capital-risque, mais aussi pour accroître l’échelle du marché commun et supprimer les obstacles internes. Cela pourrait être d’une importance capitale pour l’industrie pharmaceutique afin de l’ancrer durablement en Europe. »
Un plaidoyer qui trouve certainement un écho favorable auprès du vice-président de pharma.be, Xavier Hormaechea. Lors de son intervention, il a souligné l’importance d’une dynamique positive en Belgique, où différents éléments permettent l’émergence de traitements révolutionnaires, à condition que cette dynamique soit entretenue et protégée. « Dans un monde en profonde mutation, les bonnes décisions doivent être prises dès maintenant pour protéger et renforcer notre position de Pharma Valley. »