Il manque 633 médécins généralistes en Wallonie
Comme chaque année depuis 2016, l’Aviq publie son « cadastre des médecins généralistes actifs en Wallonie », réalisé sur base des données qu’elle a recueillies auprès des cercles de médecins généralistes. Ce sont les données pour l’année 2024 qui viennent compléter un set aujourd’hui large de neuf années.

L’information la plus scrutée par la presse spécialisée est sans aucun doute celle du nombre de médecins généralistes actifs, qui, rapportée à la population, permet d’observer la densité médicale et son évolution. En 2024, à l’échelle de la Wallonie, il y avait 56 MG actifs de plus que l’année précédente (+1,49 %). Un renforcement des rangs évidemment bienvenu dans un contexte global de pénurie de généralistes, et qui a même tendance à s’accélérer légèrement (l’augmentation annuelle moyenne des 7 années précédentes plafonnait à +1,19 %).
Le désert en Ardenne
Mais la répartition des renforts est inégale sur le territoire et cache un lièvre. La hausse s’observe dans toutes les provinces : +12 MG en Brabant wallon (c’est dans le BW que l’augmentation du nombre de médecins est la plus forte : +2,71 %), +33 MG en Hainaut (+2,46 %), +12 MG à Liège (+1,05 %), +5 MG à Namur (+0,87 %)… sauf en province de Luxembourg, où le résultat net entre les débuts et fin d’activités professionnelles donne une lourde baisse de -6 MG, dans une province qui n’en comptait déjà que 255 l’année d’avant (-2,35 %). En neuf ans, le Luxembourg a perdu 7 % de ses médecins généralistes.
Mais il faut pousser l’analyse un cran plus loin et observer les chiffres de l’Aviq sur l’évolution du nombre d’équivalents temps plein. Car si elle ne perd « que » 7 % de généralistes par rapport à 2016, cette fuite s’accompagne d’une réduction du temps de travail des généralistes, ce qui débouche sur une baisse de -21 % d’équivalents temps plein de médecins généralistes. L’augmentation du temps partiel, la modification organisationnelle (liée à la surcharge administrative) et la féminisation de la profession (chiffres infra) sont les raisons les plus souvent évoquées pour expliquer cette diminution du temps de travail.
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