Fondation contre le cancer
De plus en plus de cancers du côlon chez les moins de 40 ans
De nouvelles données montrent que le cancer colorectal touche de plus en plus de personnes de moins de 40 ans, faut-il s'en inquiéter?, s'interroge la Fondation contre le cancer à l'occasion de l'entrée dans le mois de mars, traditionnellement consacré à la sensibilisation à ce cancer ('Mars Bleu').
Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent chez nous, tant chez les hommes que chez les femmes. En 2023, 7.837 nouveaux cas ont été diagnostiqués (2.419 décès en 2021, soit près de sept par jour).
"Le taux de survie à cinq ans atteint aujourd’hui 70,5 %", note la Fondation contre le cancer par voie de communiqué à l'occasion du mois de mars dédié à la sensibilisation sur ce cancer . "De nouvelles données montrent que le cancer colorectal touche de plus en plus de personnes de moins de 40 ans."
Par ailleurs, la recherche met en évidence de façon croissante le rôle du microbiome intestinal dans l’apparition et l’évolution de la maladie.
Une augmentation marquée chez les moins de 40 ans
"Une question revient avec insistance : observe-t-on une augmentation de diagnostics chez les plus jeunes ?"
Depuis 2012, l’incidence diminue parmi les personnes de 50 ans et plus: -2 % à -4 % par an en moyenne, notamment grâce au dépistage organisé par test immunologique (iFOBT).
Mais on observe une tendance différente chez les plus jeunes depuis 20 ans: incidence en hausse chez les 15–39 ans, stabilité globale chez les 40–49 ans:
- 15-35 ans : 121 nouveaux cas en 2023 (47 en 2004);
- 20-49 ans : 525 cas en 2023 (403 en 2004);
- 40–49 ans : 339 cas en 2023 (320 en 2004).
En 2023, 7% des diagnostics concernaient des personnes de moins de 50 ans ; 2,6% des moins de 40 ans et 1,7% des personnes entre 16 et 35 ans.
Un diagnostic plus tardif chez les jeunes
"Les diagnostics chez les plus jeunes restent moins fréquents en chiffres absolus, mais leur proportion augmente année après année", explique la Fondation contre le cancer. "De plus, chez eux, la maladie est plus souvent détectée à un stade avancé. Parce qu’elle est moins attendue à un jeune âge, les signaux d’alerte sont parfois reconnus plus tardivement."
"Les causes sont probablement multifactorielles", note Eric Van Cutsem, co-président de la Fondation contre le cancer et onco-gastro-entérologue, "évolution de l’alimentation, obésité, sédentarité, microbiome et autres facteurs environnementaux interagissent probablement entre eux."
"Il est important de souligner qu’il ne s’agit pas d’une classique évolution de l'hérédité humaine, mais d'influences complexes de notre mode de vie et de notre environnement."
Recherche scientifique : microbiome et cancers métastatiques
La recherche montre de plus en plus clairement un lien entre le microbiome et le cancer colorectal. La Fondation contre le Cancer soutient notamment les recherches du Pr Marc Vanden Eynde (UC Louvain) qui explore comment le microbiome pourrait influencer le développement tumoral et la réponse aux traitements.
"Le cancer colorectal n’est pas uniquement déterminé par les cellules tumorales, mais aussi par l’écosystème dans lequel elles évoluent", explique le Pr Vanden Eynde. "Le microbiome peut influencer l’agressivité de la maladie, le développement des métastases et la réponse aux traitements, notamment à l’immunothérapie. Mieux comprendre ces interactions ouvre la voie à des traitements plus personnalisés, où le microbiome pourrait être modulé de manière ciblée pour améliorer le pronostic des patients."
La Pre Sabine Tejpar (KU Leuven) est également soutenue par la Fondation pour ses recherches fondamentales sur les traitements ciblés du cancer colorectal métastatique. La moitié des patients atteints de cancer colorectal développent des métastases, qui restent aujourd’hui difficilement guérissables. Ses travaux portent sur la capacité des cellules cancéreuses à s’adapter et à créer des "zones d’échappement" qui contournent les traitements et le système immunitaire. En cartographiant et en modélisant ces zones en laboratoire, son équipe vise à développer de nouvelles combinaisons thérapeutiques capables de détruire plus complètement les tumeurs.