Cardiologie

Risque plus élevé de maladies cardiovasculaires dans les quartiers socialement vulnérables

Les personnes vivant dans des quartiers socialement vulnérables courent un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, selon une nouvelle étude. Une carte thermique permet de mieux comprendre le contexte social entourant les maladies cardiovasculaires liées à l’athérosclérose.

Belga - 29 mai 2026

Un Belge sur cinq décède d’une maladie cardiovasculaire. Pourtant, jusqu’à 80 % de ces décès pourraient être évités. Ces maladies chroniques représentent également un coût important pour les soins de santé.

Des chercheurs d’Epcon, de la KU Leuven, des Mutualités libres, de Cascador et de Novartis ont cartographié les données afin d’offrir aux décideurs politiques une meilleure compréhension du contexte social des maladies cardiovasculaires dues à l’athérosclérose, et ainsi contribuer à l’élaboration d’une politique de prévention.

CV risico per gemeente
risque cardiovasculaire par commune.

L’étude a été menée dans le cadre du plan national pour le cœur annoncé par le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit), qui mise sur davantage de prévention, une politique davantage fondée sur les données et une réduction des inégalités de santé.

Les chercheurs ont donc rassemblé des informations destinées à offrir aux décideurs politiques, tant au niveau national qu’à l’échelle des quartiers, une meilleure compréhension du contexte des maladies cardiovasculaires liées à l’athérosclérose.

CV risico wijkniveau
La carte peut être zoomée par commune.

Les habitants de certaines régions, notamment à la côte, mais aussi autour de villes comme Charleroi, Bruxelles, Mons et Dinant, ainsi que dans le sud du Luxembourg, trouvent plus difficilement le chemin vers les soins de première ligne, comme les médecins généralistes et les dentistes. Ils doivent plus souvent se tourner vers les soins de deuxième ligne, qui proposent d’emblée une prise en charge spécialisée et plus coûteuse.

Dans les zones vulnérables, les habitants recourent 32 % moins aux soins de première ligne et « ne suivent par conséquent pas le trajet de soins le plus efficace », précisent les chercheurs.

Des facteurs de risque traitables

Ces affections sont souvent déclenchées par des facteurs de risque tels que le surpoids, le stress prolongé, la fatigue chronique, un taux trop élevé de cholestérol, l’hypertension, la dépression et le diabète. « Beaucoup de ces facteurs de risque sont toutefois traitables dans notre société, ce qui signifie que nous pourrions éviter jusqu’à 80 % de ces décès en investissant dans la prévention », affirme le professeur d’économie de la santé Dominique Vandijck, de l’UGent.

Selon Dominique Vandijck, 30 milliards d’euros du budget des soins de santé sont actuellement consacrés aux soins curatifs, tandis que 15 milliards d’euros vont aux indemnités pour les malades de longue durée. L’économie perd en outre 12 milliards d’euros d’activité économique.

« Chaque euro que nous investissons dans une intervention de santé efficace et dans la prévention est, selon nous, largement rentabilisé », estime Dominique Vandijck. « Pourtant, seule une faible part du budget des soins de santé est consacrée à la prévention. » En doublant l’investissement dans la prévention, pour le porter à 3 % du budget des soins de santé, il serait possible, selon lui, de supprimer 20 % des coûts liés à plusieurs maladies chroniques. Cela permettrait d’économiser environ 6 milliards d’euros par an dans le budget.

« Nous devons dépister et intervenir beaucoup plus tôt, surtout auprès des personnes qui ne se rendent pas spontanément chez le médecin. Et nous devons miser encore davantage sur la sensibilisation », souligne le professeur Werner Budts, cardiologue à l’UZ Leuven. « Car en s’attaquant aux facteurs de risque comme le tabagisme, le surpoids, l’hypertension et le cholestérol, et en pratiquant une activité physique régulière, on peut réduire considérablement le risque de maladies cardiovasculaires. »

Les médecins veulent donc, grâce à ces cartes informatives, inciter les autorités à investir davantage dans la prévention et dans des trajets de soins adaptés aux réalités des quartiers.

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