IPP et statines : une médecine transfrontalière à deux vitesses
La différence de prix (jusqu’à un tiers) entre une boîte d’IPP ou de statines entre la Belgique et la France, a des effets pervers dans les régions frontalières, se plaint le député Les Engagés Gatelier. Il appelle le gouvernement à revoir sa copie en matière de TVA.
Médecin généraliste, le député-bourgmestre Jean-François Gatelier pointe des différences de prix révélatrice : « En Belgique, une boîte de 56 comprimés est aujourd’hui facturée environ 14,77 euros. En France, deux boîtes de 28 comprimés coûtent environ 9,46 euros au total, sans remboursement. L’écart avoisine 30 %. »
Les patients n’hésitent donc pas à traverser la frontière. Mais le député pointe plusieurs effets pervers :
Premièrement, une fragilisation des pharmacies belges car les IPP et les statines sont très prescrits. C’est donc une perte sèche pour les officines publiques belges.
Deuxièmement, globalement, faire ses courses coûte nettement moins cher en France (un panier moyen donne des chiffres 20% inférieurs en France). Les médicaments moins chers en France entraînent donc une « médecine transfrontalière à deux vitesses ».
Risque pour le suivi médicamenteux
Enfin, le député pointe un risque pour le suivi médicamenteux. « Lorsqu’un patient achète son traitement à l’étranger, cette délivrance n’apparaît pas dans son schéma de médication belge. Le pharmacien ne peut donc pas intégrer cette information dans l’analyse des interactions, des doublons ou des risques de surdosage. »
Pour les traitements chroniques concernés par les IPP, il n’y a donc pas d’enregistrement des effets iatrogènes et donc pas de suivi.
Conclusion du médecin Les Engagés : « Le gouvernement doit revoir sa copie concernant les mesures ciblées en matière de TVA. Il doit également revoir sa décision relative au coût des antiacides. Faire des économies ne peut pas signifier pousser les patients à traverser la frontière, fragiliser nos pharmacies et fragmenter le suivi médicamenteux. Une politique de santé responsable doit protéger à la fois le pouvoir d’achat, le maillage pharmaceutique et la sécurité des patients. »