Trump lance un site à son nom pour acheter des médicaments moins chers
En novembre dernier, Donald Trump a annonçait des accords avec Novo-Nordisk et Eli Lilly pour baisser le prix des analogues aux GLP-1 aux États-Unis. Ces nouveaux « meilleurs prix » sont désormais référencés sur une nouvelle plateforme au nom... du président lui-même.

Le 6 novembre, la Maison Blanche annonçait à grand bruit des accords avec Eli Lilly et Novo Nordisk pour arrimer les prix américains de plusieurs médicaments vedettes au niveau le plus bas observé dans les pays riches, de sorte à faire des États-Unis la « Most Favored Nation » (littéralement la « nation la mieux traitée », nouvelle marotte de Donald Trump).
The Most Favored Nation
Une fact-sheet de la Maison Blanche détaille des fourchettes de prix cibles et élargit l’accès de Medicare à Wegovy et Zepbound chez les patients obèses avec comorbidités ; il évoque aussi des baisses sur Emgality et Trulicity (Eli-Lilly). Plusieurs médias et organisations professionnelles (Reuters, l’American Hospital Association, CBS News…) ont confirmé l’existence des accords et des niveaux de prix annoncés, tout en soulignant que TrumpRx ne serait pas une plateforme de vente, mais un portail d’orientation vers les prix négociés. La mise en service publique de TrumpRx.gov a démarré au début du mois de février 2026 (pour le fonctionnement de la plateforme, lire encadré ci-contre).
La mesure s’inscrit dans le cadre d’un mouvement initié par un décret présidentiel signé le 12 mai (« Delivering Most-Favored-Nation Prescription Drug Pricing to American Patients »). Le programme de Most Favored Nation de Trump vise à aligner les prix américains sur le plus bas pratiqué dans un pays de l’OCDE au PIB/habitant comparable à celui des États-Unis, d’abord pour les médicaments de marque sans concurrence générique ou biosimilaire.
En filigrane, un tournant politique sur les prix
Le choix des analogues aux GLP-1 n’est pas anodin. La prévalence de l’obésité chez l’adulte américain dépasse les 40 %, avec un poids économique conséquent sur le système. Les GLP-1 ont vu leur indication s’élargir à la réduction du risque cardiovasculaire (c’est le cas de Wegovy), et a ravivé le débat sur une prise en charge publique plus large. En parallèle, des analyses montrent que les prix des médicaments de marque aux États-Unis restaient environ 2 à 3 fois supérieurs à ceux des autres pays de l’OCDE.
En rattachant explicitement les prix américains à un plancher international, l’exécutif de Trump met la pression sur les laboratoires et, indirectement, sur les systèmes de fixation des prix en Europe. Rappelons qu’en 2024, une étude RAND estimait les prix américains (toutes classes confondues) à 2,78 fois ceux des pays comparables, ce qui donne l’ordre de grandeur du « rattrapage » visé.
TrumpRx, à mi-chemin entre le GoogleMaps et le Groupon du médicament pas cher
Le portail TrumpRx.gov, officialisé par l’administration, promettait de référencer des « prix les plus bas » négociés directement avec les fabricants et d’orienter les patients vers les canaux de dispensation compatibles. Des observateurs indépendants rappellent que l’économie réalisée dépendra du statut d’assurance de chaque patient et des contrats locaux ; un patient déjà bien remboursé pourrait ne rien y gagner, alors que les « cash payers » pourraient, eux, bénéficier des prix affichés.
En réalité, les Américains ne pourront pas directement acheter le médicament souhaité sur le site, mais celui-ci permettra d'obtenir un bon valable en pharmacie offrant la réduction promise. Le président américain a notamment pris l'exemple de l'antidiabétique Ozempic, produit par le laboratoire Novo Nordisk, parmi les géants ayant accepté de baisser leur prix: le coût de ce médicament passera de 1.000 à 199 dollars aux États-Unis, selon la présentation faite par M. Trump.