Selon le Dr Emmanuel André
Ebola: le risque de propagation en Europe et en Belgique très faible
Le risque de propagation du virus Ebola pour les populations européennes est actuellement très faible, selon le virologue des universités de Namur (UNamur) et de Louvain (KU Leuven) Emmanuel André. Le premier enjeu direct pour la Belgique et l'Europe est de soutenir les pays concernés dans leur réponse, assure-t-il.
L'épidémie frappe la République démocratique du Congo (RDC) et l'Ouganda, dans des zones touchées par des conflits et où les systèmes de soins sont parfois assez pauvres, rappelle le Dr André.
Cela rend l'approvisionnement d'autant plus difficile, les ressources devant parfois passer des lignes de front, ce qui ralentit l'accès et limite probablement le nombre de personnes capables d'être déployées sur place.
"Ce ne sont pas les compétences qui manquent, ce sont les ressources", précise le virologue. Une trêve entre les belligérants est nécessaire pour endiguer la maladie. Sans conditions optimales, l'épidémie pourrait "se chroniciser et avoir des conséquences majeures". Le virologue souligne donc le rôle indispensable de la diplomatie mondiale de la santé.
Nos systèmes sont "entraînés"
Bien que la situation sur place soit préoccupante, le risque pour les populations européennes reste très faible, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
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"Les chaînes de transmission sont assez claires, on sait voir venir les choses, on connaît la sévérité", précise Emmanuel André. Les systèmes de santé occidentaux sont entraînés.
"On n'est pas du tout dans un scénario où on doit fermer nos frontières", assure le virologue. "Ce n'est pas du tout la diaspora qui nous met à risque, c'est l'amplification de l'épidémie localement."
Le variant Bundibugyo, sans vaccin ni traitement
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) évalue le nombre de décès suspectés d'être liés à Ebola à 171, parmi près de 600 cas suspects. Mais "nous nous attendons à ce que ce chiffre continue d'augmenter", a affirmé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
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L'Organisation a débloqué 3,4 millions de dollars (plus de 2,9 millions d'euros) provenant de son fonds d'urgence pour lutter contre l'épidémie.
La limitation de l'épidémie est rendue difficile par le variant qui circule, le Bundibugyo, contre lequel il n'existe actuellement aucun vaccin ni traitement. Le virus se transmet par contact physique ou via les fluides corporels. L'OMS se dit alarmée par l'ampleur et la rapidité de l'épidémie observées jusqu'à présent.
Il faudra probablement des mois avant qu'un vaccin adapté au variant Bundibugyo puisse être mis au point. Malgré le taux de mortalité élevé (jusqu'à 50% des cas), l'OMS n'impose pas de restrictions de voyage pour le moment.