Lait infantile contaminé : le GBO donne des clés aux MG face aux parents
Plusieurs laits infantiles en poudre ont récemment fait l’objet d’un rappel par l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA). En cause : la présence possible de céréulide, une toxine produite par Bacillus cereus, susceptible de provoquer des vomissements et des diarrhées chez le nourrisson. Dans ce contexte anxiogène, le Groupement belge des omnipraticiens (GBO) publie pour ses membres un mémo opérationnel à destination des médecins généralistes afin de répondre aux inquiétudes parentales et d’adopter une conduite claire face à un cas suspect.
Les produits concernés ont été retirés du marché et l’AFSCA assure une surveillance étroite aves les Etats-membres de l’UE, rappelle le GBO. Les parents peuvent vérifier les numéros de lots sur le site de l’AFSCA. La confiance dans l’alimentation infantile n’est donc pas remise en question. Mais la crise n’est pas totalement terminée.
Rumeurs à déconstruire
Les réseaux sociaux véhiculent des alternatives inadaptées, parfois dangereuses, note le GBO. « Il est essentiel de rappeler aux parents qu’il ne faut en aucun cas remplacer l’alimentation des nourrissons de moins d’un an par du lait de vache, de chèvre ou des boissons végétales (soja, amande, avoine…). Ces produits ne couvrent pas les besoins nutritionnels du nourrisson et exposent à des carences sévères. »
Pour une information fiable, les MG peuvent orienter vers les consultations pour enfants et le site de l’Office de la Naissance et de l'Enfance (ONE).
Compte tenu du lien désormais établi entre certains lots rappelés et les symptômes observés, la stratégie de testing a été modifiée depuis le 02/02/26. "Elle est commune à l’ensemble du territoire belge et validée par Sciensano. Mais la déclaration rapide des cas suspects reste indispensable pour le suivi épidémiologique."
Tableau clinique et délai d’apparition
Le tableau correspond à une gastro-entérite aiguë classique, avec vomissements et/ou diarrhée survenant typiquement 30 minutes à 6–8 heures après l’ingestion du biberon, délai compatible avec une intoxication à Bacillus cereus.
La première étape consiste à vérifier si l’enfant a consommé un lait faisant partie des lots rappelés (via l'AFSCA). Si c’est le cas, l’arrêt de la consommation du produit suffit à prévenir la poursuite des symptômes.
En cas de complications nécessitant une admission en soins intensifs, des analyses du lait et des prélèvements (selles ou urines) sont effectués.
Tous les cas suspects doivent être déclarés dans les 24 heures à Vivalis pour Bruxelles et via Trace in Wal pour la Wallonie.
Un rôle central pour le MG
Dans un contexte de forte sensibilité médiatique, le médecin généraliste reste l’interlocuteur de confiance, précise le GBO. « En relayant des messages clairs - pas de changement d’alimentation, vigilance sans panique, déclaration rapide des cas suspects - il contribue à protéger les nourrissons tout en évitant des décisions inappropriées dictées par la peur. »