Le lien entre l'obésité et la neurologie
Il est de notoriété publique que l’obésité constitue un problème de santé mondial qui affecte plusieurs systèmes d’organes. Le système nerveux central n’y échappe pas non plus.
Influence biochimique de l’obésité
L’obésité entraîne un certain nombre de processus biochimiques qui peuvent être néfastes pour le système nerveux.
On observe notamment l’inflammation systémique et la neuro-inflammation persistantes, la résistance à l’insuline au niveau du cerveau s’accompagnant d’un métabolisme neuronal réduit, ainsi qu’un stress oxydatif accru entraînant une diminution de la fonction mitochondriale et des lésions neuronales.
On note aussi un dérèglement des adipokines, avec une modification du rapport leptine/adipokines, ce qui conduit à un dérèglement métabolique.
Enfin, il y a également une influence sur la barrière hémato-encéphalique, avec une perméabilité et une inflammation accrues des cellules du SNC.
Conséquences neurologiques
Tout cela entraîne un risque accru de déclin cognitif/démence et de maladies dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson, l’apparition d’AIT et d’AVC, une progression plus rapide de la sclérose en plaques, davantage de complications en cas d’épilepsie, l’apparition de migraines chroniques, d’une hypertension intracrânienne idiopathique et de diverses neuropathies périphériques.
C’est surtout à l’âge mûr que l’obésité représente un risque accru à cet égard. L’identification précoce des personnes à risque, l’adoption d’un mode de vie plus sain et une gestion efficace du poids peuvent contribuer à réduire les conséquences neurologiques de l’obésité.
Une revue a récemment été publiée à ce sujet [1], qui portait sur 48 études et neuf articles supplémentaires.
Restriction calorique
Cela peut sembler évident, mais la perte de poids par restriction calorique s’avère très efficace pour lutter également contre les conséquences neurologiques. Bon nombre de ces conséquences neurologiques sont réversibles grâce à la perte de poids.
La restriction calorique s’avère plus efficace que l’activité physique seule pour une première perte de poids, et des périodes de jeûne peuvent également être envisagées : le jeûne améliorerait les fonctions cognitives, ralentirait la neurodégénérescence, réduirait les lésions cérébrales après un AVC et aiderait également à mieux contrôler les symptômes cliniques de l’épilepsie et de la sclérose en plaques.
Chirurgie bariatrique
Dans certaines situations, la chirurgie bariatrique semble donner de bons résultats, par exemple dans le traitement de la migraine.
Une méta-analyse récente portant sur un total de 1.899 patients ayant subi une sleeve-gastrectomie ou un by-pass a montré une amélioration significative de la migraine, avec une diminution du nombre de jours de migraine par mois, ainsi qu’une réduction de la gravité de la migraine et de la fréquence des crises invalidantes. [2]
L’obésité : une priorité
Les auteurs concluent que l’obésité est un facteur de risque modifiable qui doit être traité en priorité. Un dépistage précoce et un traitement rapide de l’obésité offrent des perspectives considérables pour prévenir et réduire les complications neurologiques chez les patients à risque.
Références
1. Soliman AR, et al. The obesity-brain axis: a comprehensive review of neurological complications and therapeutic interventions in metabolic syndrome. Diabetol Metab Syndr. 2026 Mar 7;18(1):105.
2. Mahran M, et al. Effect of bariatric surgery on migraine headache: A systematic review and Meta-Analysis. 2025;17(11).