Oncologie

Cancers rares : un nouveau traitement du liposarcome ? 

Une étude présentée en séance plénière à l’ASCO 2026 a montré qu’un ciblage de CDK4 par abémaciclib prolonge significativement la survie sans progression dans les liposarcomes dédifférenciés avancés.

Candice Leblanc - 24 juin 2026

Een nieuwe behandeling voor liposarcoom?Le liposarcome dédifférencié (DDLPS) est une forme rare et agressive de sarcome des tissus mous. La chirurgie constitue actuellement le meilleur traitement, mais environ 40 % des malades récidivent. Les options systémiques actuelles n’offrant qu’un bénéfice très limité, le DDLPS devient alors difficile à traiter, pour ne pas dire incurable. Or, ce type de sarcome est lié à une anomalie génétique qui entraine très souvent des copies supplémentaires du gène CDK4 et une activation excessive de la protéine CDK4. Ce qui en fait une tumeur candidate aux thérapies ciblées inhibant CDK4. 

Des bénéfices remarquables

SARC041 est une étude de phase 3 multicentrique, randomisée en double aveugle, qui a comparé l’abémaciclib au placebo chez 108 adultes atteints de DDLPS localement récidivant et/ou métastatique [1]. Résultats :

  • La médiane de survie sans progression (PFS) a atteint 9,7 mois sous abémaciclib contre un mois et demi sous placebo – soit un HR de 0,39. En outre, l’analyse exploratoire montre une PFS médiane de 5,3 mois chez les malades ayant déjà reçu un ou plusieurs traitements antérieurs, contre plus de 16 mois lorsque l’abémaciclib a été administré en première ligne.
  • Le taux de réponse objective (OR) reste modeste : 9,3 % contre 0 % sous placebo, mais ces réponses ont toutefois été profondes et durables.
  • La survie globale médiane n’est pas atteinte dans le bras abémaciclib, contre 25,45 mois dans le groupe placebo.

Crossover et tolérance

Le crossover était autorisé en cas de progression radiologique sous placebo. Ce qui a été le cas pour 85 % des malades de ce bras, qui ont donc reçu l’abémaciclib. Leur PFS médiane était de 3,4 mois et le taux d’OR de 4,3 %.

Les toxicités induites par l’abémaciclib – surtout des diarrhées et des diminutions de cellules sanguines – sont connues [2] et globalement gérables. SARC041 n’a pas relevé de nouveau signal de sécurité.

Nonobstant les limitations inhérentes à tout essai clinique et les nouvelles questions qui se posent désormais – notamment en termes de séquence thérapeutique, de biomarqueurs, de combinaison avec d’autres molécules, etc. –, SARC041 est la première étude de phase 3 positive dans le DDLPS depuis longtemps. Ses résultats soutiennent l’abémaciclib comme nouvelle option thérapeutique pour la maladie avancée évolutive. 

 

Références
1. Dickson MA, et al, SARC041: A phase 3 randomized double-blind study of abemaciclib versus placebo in patients with advanced dedifferentiated liposarcoma. J Clin Oncol44, 2026 (suppl 17; abstr LBA2).
2. Notons que, en Belgique, l’abémaciclib est déjà prescrit dans certains cancers du sein.

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