Du SOPK au SMOP: une redéfinition du syndrome
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) devient désormais le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). Présentée le 12 mai 2026 lors du Congrès européen d’endocrinologie à Prague puis publiée simultanément dans The Lancet, cette nouvelle appellation reflète une évolution de la compréhension de la maladie, aujourd’hui considérée comme une affection endocrino-métabolique systémique dépassant largement la seule sphère ovarienne et reproductive.
Le changement de nom proposé dans The Lancet repose sur un large consensus international associant experts, professionnels de santé et patientes concernées [1].
Selon les auteurs, l’appellation historique SOPK ne correspond plus aux connaissances actuelles : les structures ovariennes observées ne sont pas de véritables kystes et toutes les patientes ne présentent pas de morphologie ovarienne polykystique [1].
À l’inverse, le terme SMOP met davantage en avant la nature endocrino-métabolique et systémique de la maladie. Ce changement de terminologie ne s’accompagne pas, à ce stade, de nouveaux critères diagnostiques [1].
Critères diagnostiques
Les recommandations internationales publiées en 2023 restent actuellement la référence diagnostique [2]. Chez l’adulte (≥20 ans), le diagnostic repose toujours sur deux des trois critères suivants après exclusion des diagnostics différentiels : oligo-anovulation, hyperandrogénie clinique ou biologique, et morphologie ovarienne polykystique définie par l’échographie ou par une AMH élevée, cette dernière pouvant désormais être utilisée comme alternative à l’imagerie ovarienne [2].
Chez l’adolescente, les recommandations publiées en 2025 insistent sur une approche diagnostique prudente afin d’éviter les surdiagnostics [3]. Le diagnostic repose principalement sur l’association d’une hyperandrogénie et de troubles ovulatoires persistants, tandis que l’AMH et l’échographie ne sont actuellement pas recommandées dans cette population [2,3].
Une prise en charge multidisciplinaire
Les recommandations internationales soulignaient déjà que le syndrome pouvait s’accompagner de manifestations métaboliques, reproductives, psychologiques et dermatologiques nécessitant une prise en charge plus globale et multidisciplinaire [2]. La prise en charge ne se limite plus aux troubles ovulatoires ou aux enjeux de fertilité. Le SOPK est notamment associé à un risque accru de diabète de type 2, de syndrome métabolique, d’apnées du sommeil, mais aussi à une fréquence plus élevée de symptômes anxiodépressifs et d’altération de la qualité de vie [2].
Une synthèse publiée en 2025 dans Fertility and Sterility rappelle par ailleurs que le SOPK est désormais considéré comme un facteur de risque cardiovasculaire [4]. L’article aborde également plusieurs domaines émergents de recherche, notamment les altérations du microbiote intestinal, les troubles du sommeil et certains aspects neurocognitifs associés au SOPK [4]. Ces données renforcent l’idée d’un syndrome dépassant largement le seul cadre gynécologique et soutiennent une approche de plus en plus multidisciplinaire du SMOP.
Références
1. Teede HJ, Bahri Khomami M, Morman R, et al. Polyendocrine metabolic ovarian syndrome, the new name for polycystic ovary syndrome: a multistep global consensus process. Lancet. Published online May 12, 2026. doi:10.1016/S0140-6736(26)00717-8.
2. Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. doi:10.1210/clinem/dgad463.
3. Peña AS, Witchel SF, Boivin J, et al. International evidence-based recommendations for polycystic ovary syndrome in adolescents. BMC Med. 2025;23:151. doi:10.1186/s12916-025-03901-w.
4. Dokras A. Polycystic ovary syndrome in 2025—insights and innovations. Fertil Steril. 2025;124:907-909. doi:10.1016/j.fertnstert.2025.09.025.