Congrès EAU 2026
L’acide tranexamique en chirurgie urologique
L’acide tranexamique est déjà utilisé dans d’autres spécialités chirurgicales pour ses propriétés antihémorragiques. L’étude POISE-3 suggère qu’il pourrait aussi être davantage utilisé en chirurgie urologique.
L’utilisation de l’acide tranexamique (TXA) en chirurgie urologique reste faible et variable d’un centre à l’autre. Les recommandations n’émettent pas (encore) de directives à ce sujet. Les résultats de POISE-3 pourraient bien appuyer et renforcer son usage [1].
Design de POISE-3
POISE-3 visait à évaluer l’efficacité et la sécurité du TXA en prophylaxie en chirurgie urologique. Cet essai international a suivi 1.124 patients devant subir une intervention chirurgicale urologique, associée à un risque accru de saignement et de complications cardiovasculaires : prostatectomie radicale robot-assistée, résection transurétrale de la prostate, néphrectomie radicale laparoscopique, cystectomie radicale ouverte, etc. Après randomisation en double aveugle, un groupe a reçu du TXA (bolus intraveineux de 1 g, en début et fin d’intervention) et l’autre un placebo.
Critères d’efficacité
Le critère principal d’efficacité est un critère composite à 30 jours. Globalement, des saignements sont survenus chez 8,1 % des patients du groupe TXA, contre 10,9 % dans le groupe placebo (HR 0,73). Soit -27 % de saignements avec le TXA et, donc, moins de transfusions. Plus précisément :
- Saignements majeurs : 6,1 % dans le groupe TXA, versus 9,5 % avec le placebo (HR 0,63)
- Saignements menaçant le pronostic vital : 2 % versus 1,6 %
- Saignements dans un organe vital : 0,5 % versus 0,9 %
Critères de sécurité
Le critère principal de sécurité est aussi un critère composite à 30 jours évaluant la survenue de diverses complications postopératoires.
Ce critère principal de sécurité thrombotique est survenu chez 12,1 % des patients dans le groupe TXA, contre 10,9 % dans le groupe placebo (HR 1,12), principalement en lien avec les lésions myocardiques après chirurgie non cardiaque (11,2 %, versus 10,2 %). Notons que deux AVC non hémorragiques et trois thromboembolies veineuses proximales symptomatiques ont été observés dans chaque groupe. Aucune thrombose artérielle périphérique n’est survenue dans la cohorte.
Conclusion : feu vert pour le TXA
L’analyse des sous-groupes n’a pas révélé d’interaction significative selon la voie d’abord chirurgicale, le statut oncologique ou l’utilisation préopératoire d’antithrombotiques, ni pour l’efficacité ni pour la sécurité. Aucun cas de convulsion n’a été identifié dans la cohorte. Ces résultats plaident pour une utilisation accrue du TXA en urologie.
Référence
1.K. Tikkinen, Safety and efficacy of tranexamic acid in urologic surgery: results from the international, randomised, placebo-controlled POISE-3 trial, Congrès EAU, 15 mars 2026.