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Faut-il ouvrir les portes de la prescription ?

François Hardy

Les Belges font confiance à leur pharmacien. Les chiffres du baromètre des plus de 60 ans de la Fondation Roi Baudouin le rappellent clairement : quand le généraliste n’est pas disponible, beaucoup se tournent vers l’officine pour des soins de routine et des conseils, portés par une confiance qui dépasse même celle accordée aux dispositifs de garde.

Cette solide confiance pourrait-elle justifier d'ouvrir les portes de la prescription au pharmacien ? La question se pose, poussée notamment par ce qui se pratique ailleurs. Mais « prescrire » recouvre des mondes très différents : du pharmacien prescripteur autonome à celui qui agit dans un modèle de prescription partagée, du protocole strict pour quelques plaintes à la simple continuité de traitement en situation d’urgence, toutes les formules sont envisageables.

Le Pharmacien a observé les pratiques de prescription par le pharmacien au-delà de nos frontières. Il en ressort que la prescription par le pharmacien n’est pas un bouton on/off.

Le Pharmacien a donc observé les pratiques au-delà de nos frontières (lire en page 6). Ce qu’il en ressort, c’est que la prescription par le pharmacien n’est pas un bouton on/off. Là où elle s’est installée, elle répond souvent à une pression sur l’accès aux soins et à la volonté de mieux utiliser l’expertise en pharmacothérapie. La promesse est séduisante : moins d’allers-retours inutiles, un patient aidé plus rapidement, un généraliste délesté de tâches répétitives... On voit aussi, dans certains systèmes, des gains cliniques quand le pharmacien peut ajuster une thérapie et suivre des objectifs concrets.

Mais la confiance n’exonère pas des garde-fous. La responsabilité juridique, la tentation d’un dangereux mélange entre intérêt commercial et intérêt du soin, la fragmentation des parcours, le risque de « shopping thérapeutique » chez des patients sans médecin traitant… autant d’inquiétudes légitimes qui justifient de concevoir la prescription dans un système en réseau, et non comme un acte isolé et anodin.

Au fond, pour la Belgique, où le pharmacien a déjà un pied (un orteil ?) dans la prescription, avec la revue de médication et les différents BUM, la bonne question n’est plus tant « le pharmacien pourrait-il prescrire ? », mais plutôt « dans quelles conditions la prescription par le pharmacien améliorerait-t-elle réellement le soin ? », tout en veillant à ne pas brouiller le diagnostic ni concurrencer inutilement le médecin.

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Écrit par François Hardy4 mars 2026
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