Plus de huit travailleurs sur dix disposés à travailler en cas de maladie (Mensura)
Plus de huit travailleurs sur dix seraient disposés à travailler en cas de maladie, révèle la dernière enquête bisannuelle de Mensura sur l'absentéisme des salariés. Par ailleurs, le présentéisme augmente, une attitude qui, sous contrainte, comporte aussi des risques pour la santé à terme...
En bref
Selon l’enquête Mensura, 82 % des travailleurs envisageraient de travailler malades, si leur santé le permet et moyennant des aménagements.
Le présentéisme systématique atteint 27 %, contre 4 % en 2024 ; travailler sous pression risque de compromettre le rétablissement.
Seuls 12 % se sentent à l’aise pour parler de leur bien-être mental avec leur responsable, contre 24 % en 2024.
Quelque 82 % des travailleurs belges n'excluent pas d'accomplir certaines tâches professionnelles en cas de maladie, si leur santé le leur permet, et moyennant des aménagements de l'employeur, selon une enquête réalisée auprès de 1.043 travailleurs.
Les informations recueillies par le bureau d'études Indiville, pour le compte de l'organisation Mensura, indiquent également que le présentéisme progresse, tandis que la santé mentale reste difficile à aborder au travail.
LIRE PAR AILLEURS : Les certificats liés aux DMG : le GBO furieux
À l'inverse, 18 % des personnes interrogées estiment que leur employeur ne peut attendre d'eux qu'ils travaillent durant leur maladie, contre 26 % en 2024.
Le présentéisme en hausse
Parmi les répondants, 34 % se disent prêts à poursuivre une activité, à condition de ne pas compromettre leur rétablissement. Et 48 % souhaitent au moins s'interroger quant aux tâches qu'ils seraient encore capables d'effectuer durant leur incapacité.
Cette disponibilité s'accompagne d'une hausse du travail en période de maladie : 81 % déclarent l'avoir déjà fait et 27 % affirment le faire systématiquement, contre 4 % en 2024.
L'accumulation des tâches et le respect des délais sont les principales raisons invoquées.
Le (mauvais) exemple de Kompany
Bart Teuwen, expert en absentéisme chez Mensura, souligne la nécessité de distinguer une activité adaptée, convenue ensemble et compatible avec le rétablissement, du travail sous pression, susceptible d'aggraver les problèmes de santé.
« Il est important de bien distinguer deux choses : continuer à travailler sous la pression alors qu’il faudrait en réalité se rétablir, et examiner ensemble ce qui reste possible sans compromettre le rétablissement. La première rend les gens plus malades. Il suffit de regarder Vincent Kompany (le coach belge du Bayern Munich, qui souffrait d'une méningite, a fait un malaise lors d'un entraînement, NdlR). La seconde les aide justement à garder le lien. Confondre les deux nous ramène à l’idée que “malade, on doit rester complètement chez soi”. Et personne n’y gagne. Le présentéisme est une expérience de contrainte, qui va à l’encontre d’un bon équilibre entre la charge de travail et la capacité à y faire face. Les travailleurs qui se sentent obligés de travailler lorsqu’ils sont malades risquent finalement de s’absenter plus longtemps et plus gravement, ou de contaminer des collègues sur leur lieu de travail en cas d’infection virale. »
Le bien-être mental difficile à aborder
Si 67 % des travailleurs se sentent à l'aise pour parler de santé et de bien-être avec leur responsable, seuls 12 % le sont pour aborder leur bien-être mental, contre 24 % en 2024.
Par ailleurs, 14 % des salariés n'en parlent pas non plus à une personne de confiance, au médecin du travail ou à un collègue proche.
« Le fait que les travailleurs ne parlent pas de leur bien-être mental à leur supérieur hiérarchique n’est pas le chiffre le plus préoccupant à mes yeux. Ce qui est plus grave, c’est que, dans l’ensemble des travailleurs, 14 % n’en parlent pas non plus à une personne de confiance, au médecin du travail ou même à un collègue avec qui ils s’entendent bien », ajoute Bart Teuwen.
« Ceux qui ont le sentiment de devoir se débrouiller seuls ne cherchent de l’aide que lorsqu’ils n’en peuvent plus. Chaque organisation doit veiller à ce qu’au moins une porte sûre soit ouverte et à ce que chacun sache où la trouver. Un malade de longue durée sur trois est absent en raison de problèmes psychologiques. Un filet de sécurité est donc essentiel pour éviter d’en arriver là », conclut l’expert.