Les associations sceptiques sur le recrutement par l'INAMI de 1.200 soignants à domicile
Quatre associations du secteur infirmier expriment leur scepticisme quant à la campagne lancée par l'INAMI pour recruter 1.200 soignants à domicile. Si elles partagent le constat d'une demande croissante en soins à domicile, elles s'interrogent sur la cohérence d'investir "des millions pour faire revenir des soignants sans s'attaquer aux raisons qui les ont poussés à partir".
Le Collectif des infirmières libérales de Belgique (Cilib), l'Association des infirmières indépendantes (AIIB), l'Union belge des prestataires de soins (UBPS-BUG) et Nurses United Vlaanderen (NUV) jugent incohérent de dépenser "plus de 23 millions d'euros sur plusieurs années", selon les estimations, pour faire revenir des soignants vers une activité indépendante à domicile, tout en rabotant de près de 12 millions d'euros le budget 2026 de l'INAMI pour les soins à domicile.
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"Ces montants ne concernent ni les mêmes dispositifs ni les mêmes périodes", admettent les associations professionnelles, "mais leur coexistence interroge".
"Tous les soignants souffrent"
Elles interpellent le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, quant à la situation de "toute la profession qui souffre, pas seulement le domicile". Les quatre associations listent les "horaires contraignants, la surcharge de travail, la lourdeur administrative et les rémunérations inadaptées aux réalités du terrain" qui "découragent les soignants, à domicile comme à l'hôpital ou en maison de repos".
"Un soignant qui revient à domicile, c'est peut-être un soignant de moins ailleurs".
Les associations pointent qu'un "soignant qui revient à domicile, c'est peut-être un soignant de moins ailleurs".
Les associations représentantes du milieu infirmier réclament que "l'argent public serve d'abord à stabiliser le secteur, pas à remplir un réservoir qui fuit. Nous attendons du ministre des réponses claires. (...) Monsieur le ministre, quelles garanties donnez-vous aux professionnels qui reviennent, mais aussi à ceux qui continuent chaque jour à soigner leurs patients ?", concluent les associations.