L’ABSyM réitère sa demande visant à autoriser les médecins à conserver des vaccins
L’Association belge des syndicats médicaux (ABSyM) appelle le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, à autoriser enfin les médecins généralistes à conserver les vaccins contre la grippe et la Covid-19 dans leur cabinet.
Comme le rapportait Artsenkrant plus tôt dans la journée, les médecins français peuvent désormais, sous certaines conditions, conserver ces vaccins dans leur cabinet. Le décret français confie au professionnel de santé la responsabilité du transport et de la conservation et fixe des conditions pour garantir un stockage adéquat et la traçabilité.
L’ABSyM a également pris connaissance de cette information et demande au ministre Vandenbroucke de revoir sa position. Si la France autorise une conservation en toute sécurité dans un cadre clairement défini, pourquoi pas la Belgique ?
Supprimer les obstacles à la vaccination
L’ABSyM juge étrange que les médecins généralistes puissent prescrire et administrer des vaccins, mais ne puissent pas en détenir de stock. Les patients doivent donc d’abord retirer leur vaccin à la pharmacie avant de se faire vacciner chez leur médecin généraliste. Les pharmaciens, en revanche, peuvent conserver les vaccins et les administrer eux-mêmes.
« L’interdiction faite aux médecins généralistes de conserver des vaccins complique la mise en place d’un parcours vaccinal intégré », explique le Dr Patrick Emonts, président de l’ABSyM.
« Le médecin généraliste connaît les antécédents médicaux du patient et entretient avec lui une relation de confiance essentielle pour l’encourager à s’engager dans une démarche de prévention. Disposer de vaccins au cabinet permettrait de simplifier l’organisation de la vaccination et de lever des obstacles pratiques évitables. »
Selon le syndicat, rien ne prouve que l’élargissement des compétences vaccinales des pharmaciens suffise, à lui seul, à augmenter suffisamment la couverture vaccinale.
L’ABSyM avait déjà averti qu’un transfert de tâches ne permet pas nécessairement de toucher davantage de patients. L’objectif doit être de vacciner effectivement le plus grand nombre, avec le médecin généraliste comme partenaire central de la politique de prévention.
La chaîne du froid n’est pas un obstacle insurmontable
Pour l’ABSyM, les objections logistiques avancées ne peuvent justifier d’exclure d’emblée les médecins généralistes.
« Les médecins généralistes disposent de l’expertise médicale nécessaire et peuvent respecter des conditions claires en matière de contrôle de la température, de gestion des stocks et d’enregistrement. Ils reçoivent d’ailleurs déjà les vaccins prévus dans le calendrier vaccinal recommandé par Kind en Gezin et l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE), sans que cela n’entraîne, selon l’ABSyM, de problèmes comparables. Pourquoi une conservation en toute sécurité serait-elle alors impossible pour les vaccins contre la grippe et la Covid-19 ? »
« La France franchit le pas. Il est temps que la Belgique suive" - Patrick Emonts, président de l'ABSyM
Pour augmenter la couverture vaccinale, il faut donner aux médecins généralistes les moyens d’assurer leur mission de prévention, estime le syndicat. Il appelle donc Frank Vandenbroucke à rouvrir le débat et à élaborer un cadre légal permettant aux médecins généralistes de conserver ces vaccins dans leur cabinet, avec des garanties claires de qualité et de sécurité.
« La France franchit le pas. Il est temps que la Belgique suive », conclut Patrick Emonts.