Urologie

Fuites urinaires : un quart des personnes concernées n’en parlent à personne

Les fuites urinaires toucheraient 13 % des Belges âgés de 30 à 80 ans. Malgré leurs répercussions sur la vie quotidienne, un quart des personnes concernées n’en parlent à personne et 66 % ne sollicitent aucune aide, selon une enquête commandée par Kruidvat.

La rédaction - 17 septembre 2026

fuites urinaires

Les fuites urinaires restent un sujet largement tabou. Selon une enquête réalisée par Ipsos I&O, 13 % des Belges âgés de 30 à 80 ans en auraient souffert au cours des deux dernières années. Les femmes sont plus souvent concernées que les hommes : 18 %, contre 7 %.

Pour la majorité des personnes interrogées, il ne s’agit pas d’un problème occasionnel. Plus de trois quarts des répondants concernés (77 %) déclarent subir des fuites au moins une fois par semaine et près d’un tiers (31 %) plusieurs fois par jour.

Honte et absence de prise en charge

Malgré cette fréquence, deux tiers des personnes concernées n’ont jamais demandé d’aide. Un quart n’en a parlé à personne et 71 % disent ressentir de la honte. Plus de la moitié se sentent mal à l’aise à l’idée d’aborder le sujet, notamment par crainte du regard des autres.

Lorsque les patients décident de consulter, les hommes se tournent principalement vers leur médecin généraliste ou leur urologue. Les femmes s’adressent davantage à leur gynécologue.

« Dans mon cabinet, j’entends encore trop souvent : “Je pensais que c’était normal après avoir eu des enfants ou en avançant en âge” », témoigne Caroline Goetghebuer, kinésithérapeute spécialisée dans le plancher pelvien. « Pourtant, même si elles sont fréquentes, les fuites urinaires ne sont pas une fatalité. »

Elle insiste sur l’intérêt d’intervenir précocement : « Il ne faut pas attendre que les symptômes s’installent : mieux comprendre le fonctionnement de son périnée, apprendre à gérer les pressions abdominales et consulter rapidement peuvent réellement faire la différence. »

Des activités parfois abandonnées

Les conséquences dépassent le seul inconfort physique. Plus de la moitié des répondants concernés (54 %) estiment que les fuites urinaires ont un impact important sur leur quotidien. Près d’une personne sur deux évite certaines activités et 78 % prennent des précautions, comme aller préventivement aux toilettes ou utiliser des protections absorbantes.

Les comportements diffèrent selon le sexe. Les femmes renoncent plus souvent au sport ou à certains efforts physiques, tandis que les hommes évitent davantage les longs trajets en voiture et les sorties entre amis.

« Les fuites urinaires ne devraient jamais pousser une femme à renoncer au sport ni à limiter ses activités quotidiennes », souligne Caroline Goetghebuer. Une prise en charge personnalisée peut notamment associer une rééducation abdomino-pelvienne, un apprentissage de la gestion des pressions abdominales et, dans certaines situations, l’utilisation d’un pessaire.

Chez les femmes, les premiers symptômes apparaîtraient en moyenne vers 44 ans, notamment après une grossesse ou un accouchement, ainsi qu’à la périménopause ou à la ménopause. Chez les hommes, ils surviendraient en moyenne vers 47 ans et seraient plus souvent associés à une maladie, une intervention chirurgicale ou certains médicaments.

Une information encore insuffisante

Moins de la moitié des personnes concernées disent bien connaître la différence entre les produits destinés aux fuites urinaires et les protections menstruelles. Huit répondants sur dix souhaitent dès lors une meilleure information du public.

« La honte et le manque d’information constituent encore trop souvent un frein à la recherche d’aide ou de conseils », observe Bert Verhoef, directeur général de Kruidvat Belgique, l’entreprise à l’origine de la campagne de sensibilisation accompagnant cette enquête.

En bref :

•13 % des personnes âgées de 30 à 80 ans ont souffert de fuites urinaires au cours des deux dernières années. Les femmes (18 %) sont plus souvent concernées que les hommes (7 %).

• Plus de trois quarts (77 %) des personnes concernées en souffrent au moins une fois par semaine, et près d’une sur trois (31 %) en souffrent plusieurs fois par jour.

• Deux tiers (66 %) des personnes concernées n’ont jamais demandé d’aide et un quart (25 %) n’en a parlé à personne.

• Huit personnes concernées sur dix estiment qu’il faudrait davantage informer le public sur les fuites urinaires.

À propos de l’étude

Les données proviennent d’une enquête quantitative en ligne menée par l’institut de sondage Ipsos I&O à la demande de Kruidvat. Le travail de terrain s’est déroulé du 5 au 15 juin 2026 auprès de 500 Belges (n = 500), âgés de 30 à 80 ans, ayant souffert de fuites urinaires au cours des deux dernières années. Le taux de prévalence de 13 % a été calculé à partir d’un échantillon plus large de 4 266 Belges.

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