ANTIBIOTHÉRAPIE
Traiter les cystites récurrentes
La Commission belge de coordination de la politique antibiotique (BAPCOC) a publié une version révisée de son guide sur l’antibiothérapie en juin 2026. Voici ses recommandations concernant les cystites récurrentes.
On parle de cystite récurrente quand la personne souffre d’au moins trois infections urinaires par an. Dans ce cas, il convient d’effectuer une culture d’urine afin d’identifier le germe responsable et, le cas échéant, d’adapter le traitement antibiotique en fonction.
Le guide BAPCOC 2026 propose trois modalités/temporalités de traitement.
L’autotraitement systématique
Toute cystite correctement reconnue comme telle peut être autotraitée selon le même schéma de traitement que pour la cystite chez les femmes ne présentant pas de risque accru. C’est-à-dire :
- Premier choix : nitrofurantoïne 100 mg, 3x/jour pendant 5 jours.
- Second choix : fosfomycine 3 g en une dose, de préférence au coucher.
Le traitement postcoïtal
Un traitement postcoïtal peut aussi être instauré. Il consiste à prendre 50 mg de nitrofurantoïne dans les 2 heures suivant les rapports sexuels. Il faut toutefois arrêter ce traitement au bout de 6 à 12 mois. Auparavant, on recommandait 100 mg et la durée maximale de traitement n’était pas précisée. C’est chose faite.
Le traitement prophylactique
En cas d’échec des mesures comportementales [1], un traitement prophylactique à base de nitrofurantoïne 50 mg par jour au coucher peut aussi être instauré et poursuivi pendant 6 à 12 mois maximum (contre six mois auparavant).
Selon le CBiP, le NHG-standaard Urineweginfecties préconise une prophylaxie à base d’extrait de canneberge (cranberry) à raison de comprimés dosés à 500 mg, 2x/jour. La quantité optimale de boisson à la canneberge n’a pas été établie.
Attention : faute d’inclure suffisamment de personnes âgées dans les études sur la canneberge, ce type de prophylaxie n’est pas recommandé pour cette catégorie de la population.
Des estrogènes pour les femmes ménopausées
Les femmes ménopausées sont particulièrement sujettes aux infections urinaires récidivantes. Au lieu de leur prescrire (trop) d’antibiotiques, il vaut mieux opter pour les estrogènes locaux (estriol en ovules ou crème ou estradiol en comprimés).
Ces traitements sont devenus la recommandation de première ligne pour prévenir les cystites récurrentes chez les femmes postménopausées. D’après une étude de référence sur la question [2], l’estrogène vaginal a réduit d’environ un tiers en valeur absolue la proportion de femmes récidivantes à six mois.
Le guide BAPCOC 2026 recommande de commencer par une application (ovule ou crème)/jour pendant deux semaines, suivie d’un traitement d’entretien d’une application 2 x/semaine et de réévaluer le tout une fois par an. Une recommandation qui s’aligne avec les guidelines internationales récentes.
> Nous vous invitons à poursuivre votre lecture vers notre article consacré aux cystites aiguës. Nous reviendrons sur les antibiothérapies des autres infections urinaires dans nos prochaines éditions.
Références
1. Que ce soit pour une cystite aigüe ou récidivante, il est recommandé de boire beaucoup d’eau, jusqu’à 3 L/jour (en tenant compte des comorbidités telles que l’insuffisance cardiaque), de vider complètement la vessie à chaque miction, de ne pas retarder la miction en cas de besoin pressant, d’uriner rapidement après chaque rapport sexuel et, le cas échéant, de recourir à des préservatifs avec spermicides.
2. Ferrante K. et al, Vaginal Estrogen for the Prevention of Recurrent Urinary Tract Infection in Postmenopausal Women: A Randomized Clinical Trial. Female Pelvic Med Reconstr Surg, 2021 Feb 1;27(2):112-117.