À quand un "Docteur Climat" en Région wallonne ?
Depuis 2023, le gouvernement flamand nomme un médecin son "klimaatarts". À la manière du bouwmeester maître architecte à Bruxelles, il s'agit d'un titre unique. Le klimaatarts n'a pas d'homologue en Région wallonne.
Son rôle consiste à analyser, avec une approche médicale, les effets sanitaires du changement climatique (chaleur, UV, allergies et pollens, maladies transmises par des vecteurs, qualité de l’eau ou événements météorologiques extrêmes) et à traduire ces risques en politiques de prévention, recommandations et information à destination de la population et des professionnels de santé.
« C'est un concept qui mérite qu'on y réfléchisse », juge le Dr John Pauluis, responsable de la cellule Environnement de la SSMG. « La cellule environnement fait déjà beaucoup de travail en la matière, mais nous avons quand même été sidérés de voir qu'il a fallu deux, presque trois jours pour que les autorités s'inquiètent de la toxicité des fumées lors de l'incendie dans les Hautes-Fagnes. Par ailleurs, un tel 'Docteur climat' aurait également pu mieux anticiper les problèmes sanitaires causés par les moisissures dans les maisons, après les inondations de juillet 2021. »
« Nous ne partons pas de zéro »
Petit coup de sonde à Namur, du côté de la coalition Azur, pour voir si on a bien reçu l'appel du pied. « Nous avons surtout besoin d’une société où chaque professionnel de santé, chaque décideur public et chaque territoire intègre progressivement le climat comme un déterminant majeur de santé », réagit le ministre francophone de la Santé publique, Yves Coppieters. « Nous ne partons pas de zéro. L’AVIQ diffuse déjà des recommandations spécifiques aux médecins généralistes, aux hôpitaux, aux pharmaciens et à l’ensemble des acteurs de première ligne dans le cadre du plan 'Forte chaleur et pics d’ozone'. la Wallonie présentera d’ailleurs à la prochaine Conférence interministérielle Santé publique, fin septembre, un plan actualisé visant à renforcer la protection de la population face aux futurs épisodes de chaleur et à mieux articuler les actions sanitaires, environnementales et sociales. »
Par ailleurs, le ministre pointe que la Wallonie a aujourd'hui la particularité d’avoir la Santé et l’Environnement au sein d’un même portefeuille ministériel. « Et, parallèlement, les politiques climatiques sont menées en étroite collaboration avec ma collègue Cécile Neven. Le sujet est donc déjà fortement intégré dans les politiques publiques wallonnes, même si nous devons naturellement continuer à progresser. »
Du côté de la SSMG en tout cas, on se dit prêt à renseigner le gouvernement avec des noms, s'il se montrait intéressé. « Il faudrait simplement définir clairement quels moyens et quelles prérogatives lui seraient alloués », pointe le Dr Pauluis. « Il faudrait notamment un accès très rapide à l'information, par exemple pouvoir contacter très vite les météorologues par les fumées d'incendies, etc... »