Canicule en Angleterre : des hôpitaux déclarent l’état critique après des pannes d’IRM, de radiothérapie et d’informatique
La chaleur extrême ne met pas seulement les patients à l’épreuve. Elle fait aussi vaciller l’hôpital. Selon The Guardian, plusieurs hôpitaux du NHS en Angleterre ont dû déclarer des « incidents critiques » après la défaillance d’équipements essentiels sous l’effet de la canicule.
À Portsmouth, le Queen Alexandra Hospital a été touché par la panne de groupes de refroidissement, entraînant une hausse des températures dans l’établissement et perturbant des services cliniques majeurs : blocs opératoires, laboratoires de cathétérisme cardiaque, scanners diagnostiques et systèmes numériques. Des soins programmés et des rendez-vous ont dû être annulés.
Rendez-vous annulés
Dans le Norfolk, des centaines de patients ont vu leur rendez-vous annulé après l’arrêt des scanners IRM. Le Norfolk and Norwich University Hospitals NHS Foundation Trust a indiqué ne plus disposer d’aucun scanner IRM fonctionnel sur ses sites de Norwich, les systèmes de refroidissement nécessaires à leur fonctionnement ayant été affectés par la chaleur et l’humidité.

Des médecins cités par le quotidien britannique décrivent aussi des pannes de serveurs informatiques, de laboratoires et de machines de radiothérapie, dont des accélérateurs linéaires utilisés dans le traitement du cancer. Dans certains services gériatriques, des patients âgés auraient été exposés à des températures atteignant 35 °C. Les admissions pour malaise, déshydratation ou collapsus, notamment chez les personnes âgées, ont augmenté.
La London Ambulance Service a enregistré mercredi un record historique d’urgences vitales en une seule journée, avec 642 appels de catégorie 1, correspondant aux situations les plus graves : arrêts cardiaques, détresses respiratoires ou pathologies immédiatement menaçantes.
"Cette crise révèle un NHS dangereusement mal préparé aux vagues de chaleur."
Pour la Dre Hilary Williams, vice-présidente clinique du Royal College of Physicians, cette crise révèle un NHS dangereusement mal préparé aux vagues de chaleur. Les ventilateurs ne constituent pas toujours une solution, rappelle-t-elle, notamment en raison des risques d’incendie en présence d’oxygène ou de diffusion des infections.
Le ministère britannique de la Santé assure que tous les "trusts" (réseaux hospitaliers) doivent disposer de plans adaptés aux fortes chaleurs. Mais l’épisode souligne une fragilité plus profonde : bâtiments vieillissants, infrastructures insuffisamment climatisées, demande croissante et personnel épuisé. Dans un pays où les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, l’hôpital n’est plus seulement appelé à soigner les victimes du climat. Il doit désormais apprendre à y survivre lui-même.