Ces courbes qui grimpent
Statbel l'a annoncé tout récemment : l'inflation a marqué une très forte hausse avec un taux de 4,01 % pour le mois d'avril 2026. Le prix des carburants et celui de l'énergie pèsent particulièrement lourd dans le portefeuille des belges. Côté courses ? Pas vraiment mieux, en réalité. Le taux d'inflation des produits alimentaires encore plus récemment annoncé par Testachats, pour la première fois en quatre ans sous les 2 %, ne doit tromper personne : l'association de défense des consommateurs a elle-même précisé qu'une nouvelle hausse était attendue dans les prochains mois en raison de la guerre au Moyen-Orient.
C'est à un moment où elle était des plus attendues que la belgo-sainte (ou sacro-belge ?) indexation automatique des salaires est remise en question. Quand il n'est plus question d'un saut d'index, on tente de faire passer une réforme pour plafonner l'indexation au-delà des 4.000 euros de salaire (bruts, évidemment).

Si l'écart entre le coût de la vie et les revenus continue de se creuser, le Belge va devoir regarder où rogner : quand tout le voluptuaire y sera passé, quand l'utile aura été bien entamé, il se tournera vers ce qu'il reste : le nécessaire. Entre un plein pour pouvoir conduire les enfants à l'école et une visite chez le généraliste pour parler de cette douleur constante dans la poitrine, un choix qui n'aurait pas dû arriver sera peut-être posé. Et personne ne s'étonnera que les courbes des prochaines statistiques de report des soins épousent les mêmes formes que celles de l'inflation.