Gynécologie

Infections à cytomégalovirus lors de la grossesse

Nouveau guide clinique du KCE pour soutenir les médecins

La prise en charge des infections à cytomégalovirus (CMV) au cours de la grossesse varie beaucoup d’un prestataire de soins à l’autre en Belgique. Avec son nouveau guide clinique, le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) espère l’harmoniser davantage, et améliorer les soins aux futures mamans et à leurs bébés.

La rédaction - 8 avril 2026

cytomégalovirus grossesse Le KCE publie, ce 8 avril, un nouveau guide de bonne pratique clinique consacré au diagnostic, au traitement et au suivi des infections à cytomégalovirus (CMV) au cours de la grossesse. 

Les connaissances scientifiques ont beaucoup évolué depuis la publication du précédent guide (2015) et par ailleurs, une enquête auprès d’environ 300 spécialistes (médecine fœtale, gynécologues, sages-femmes et médecins généralistes) montre que vu sa complexité, la prise en charge de l’infection à CMV au cours de la grossesse est très variable. Le nouveau document aborde les sujets jugés les plus pertinents par les professionnels de terrain et les représentants des patients.

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"Il n’existe pas de vaccin contre le CMV, le respect des mesures d’hygiène reste la meilleure prévention", rappelle le KCE. Entre 0,15 et 2% des femmes enceintes sont infectées, pour la première fois (infection primaire) ou non (infection non primaire).

Trois choses à retenir

1. Les tests sanguins pour le dépistage des infections non primaires ne sont pas recommandés

Ils ne sont pas assez précis et de toute façon, il n’existe aucune option pour le traitement des infections non primaires au cours de la grossesse.

2. Le valaciclovir peut être envisagé en cas d’infection primaire en début de grossesse

"Lorsqu’une femme contracte une infection primaire au cours de la période entourant la conception ou du premier trimestre de la grossesse, un traitement par valaciclovir à dose élevée pourrait réduire le risque de symptômes chez le bébé, mais les données scientifiques sont limitées", explique le KCE, qui plaide en faveur de recherches supplémentaires sur le valaciclovir lorsque le fœtus est déjà infecté.

Le traitement est lourd (16 pilules par jour) et non remboursé. Certaines patientes ne le débutent pas, ou l’interrompent prématurément. Le KCE recommande à l’INAMI de rembourser temporairement le valaciclovir, "en collectant les données pour le suivi de l’efficacité et de la sécurité."

3. Une imagerie approfondie n’est généralement pas utile après une ponction amniotique négative

Lors d'une infection à CMV primaire, une ponction amniotique est réalisée à mi-grossesse pour rechercher la présence d’ADN provenant du CMV dans le liquide amniotique. Si le résultat est négatif, le risque que le bébé ait des séquelles liées au CMV est faible chez les femmes non traitées par valaciclovir. Dès lors, le KCE recommande de ne pas réaliser systématiquement des examens d’imagerie supplémentaires, tels qu’une IRM ou des échographies supplémentaires.

Chez les femmes qui ont reçu un traitement antiviral, les preuves scientifiques sont plus limitées, mais les experts de terrain s’accordent sur le fait que des examens d’imagerie supplémentaires ne sont pas non plus nécessaires dans ce groupe.

Recommandation majeure: il faut des études robustes et larges pour pallier le manque de données. Le KCE préconise d'enregistrer systématiquement les femmes enceintes infectées par le CMV et de collecter les données sur l’utilisation du valaciclovir et ses résultats.

À propos du CMV

Si le virus du CMV, fréquent, peut passer inaperçu, il peut, au cours de la grossesse, infecter le bébé qui peut déjà présenter in utero des anomalies visibles (cerveau, retard de croissance, ...).

Le tableau clinique à la naissance est variable. La majorité des bébés ne développeront aucun problème ; un petit nombre a priori sans symptôme développent des troubles de l’audition et/ou des plaintes neurologiques (5-15 %) ; un petit groupe présente des symptômes dès la naissance et jusqu’à 90% d’entre eux développeront des problèmes persistants (audition et/ou neurologiques, de gravité variable).

Pour les parents, une suspicion d’infection par le CMV in utero est souvent une grande source d’incertitude: l’impact sur le fœtus et sur la santé future de l’enfant étant difficile à prévoir et les possibilités de traitement limitées, certains parents optent pour une interruption de grossesse, surtout lorsque les examens prénataux révèlent des anomalies potentiellement graves.

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