Anesthésie

Les Cliniques universitaires Saint-Luc alertent sur le danger du phéochromocytome

Les Cliniques universitaires Saint-Luc souhaitent sensibiliser le grand-public au phéochromocytome, une tumeur qui touche les glandes surrénales et qui peut entrainer des conséquences sévères : hypertension, tachycardie et autres risques cardiovasculaires.

Cliniques universitaires Saint-Luc Bruxelles
(c)Belgaimage.

L’hôpital universitaire rappelle que les phéochromocytomes touchent 2 à 6 cas par million d’habitants. Il s’agit donc d’une maladie rare. Elle s’attaque aux glandes surrénales, ce qui induit une sécrétion abondante de catécholamines (adrénaline, noradrénaline ou encore dopamine). « Cette sécrétion excessive et incontrôlée entraine une hyperstimulation du système cardiovasculaire avec des conséquences cliniques pouvant être particulièrement sévères et affecter la qualité de vie des patients : poussées hypertensives, palpitations, céphalées intenses, sueurs profuses ou encore troubles du rythme cardiaque. »

La pathologie est peu connue. Elle est diatnostiquée souvent fortuitement lors d’examens destinés à d’autres indications. « Elle nécessite une prise en charge spécialisée, reposant sur un diagnostic biologique et radiologique précis, suivi d’un traitement adapté, le plus souvent chirurgical. » Cette prise en charge, complexe et à haut-risque, doit prendre place dans des centres experts. En 2025, 12 patients ont ainsi été traités avec succès aux Cliniques Saint-Luc. Depuis le début de cette année, 5 autres cas ont déjà été pris en charge.

Collaboration étroite

Face à un phéochromocytome, la prise en charge nécessite une collaboration étroite entre endocrinologues, anesthésistes et chirurgiens endocriniens. « Après confirmation du diagnostic, le patient est préparé à l’opération par un traitement médicamenteux durant 7 à 14 jours.

L’objectif est de bloquer les effets des catécholamines, stabiliser la pression artérielle et corriger la contraction du volume sanguin induite par la maladie. Cette optimisation hémodynamique s’avère essentielle pour réduire le risque peropératoire. « 

Une chirurgie à très haut risque

« Le traitement curatif du phéochromocytome consiste en l’ablation de la glande surrénale atteinte. Il s’agit généralement d’une chirurgie mini-invasive, par laparoscopie, afin de limiter les effets secondaires. »

Si la durée opératoire reste plutôt courte, l’intervention est considérée comme une chirurgie à très trop haut risque. "Toute manipulation de la tumeur peut déclencher des décharges massives de catécholamines avec des variations tensionnelles extrêmes, d’arythmies sévères ou de complications hémorragiques. Chaque temps opératoire expose à une instabilité cardiovasculaire potentiellement brutale. Dans ce contexte, la gestion anesthésique constitue un enjeu majeur. »

Pour ces raisons, ces opérations doivent impérativement prendre place au sein d’un centre comportant un plateau technique complet (anesthésiologie, réanimation, chirurgie endocrine et cardiaque, etc.) et une expertise spécifique.

Un retour à la vie normale possible

Après un bref séjour aux Soins intensifs, le patient sera hospitalisé quelques jours, en fonction de son évolution. "Tous les patients opérés en 2025 sont aujourd’hui considérés comme guéris avec une disparition rapide de leurs symptômes. Ils ont pu reprendre une activité normale après quelques semaines."

L'hôpital précise enfin que "comme 40 à 50 % des phéochromocytomes ont une origine génétique, une analyse moléculaire est proposée aux patients afin d’adapter le suivi et, si nécessaire, mettre en place un dépistage familial spécifique".

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