Enquête Solidaris
Les soins orthodontiques creusent les inégalités
Les soins en orthodontie représentent un coût important, rappelle Solidaris, qui estime que dans la foulée de l'accord national dento-mutualiste 2026-2027, le coût à charge devrait encore augmenter, "menaçant l’accessibilité financière pour de nombreux ménages en dépit de l’interdiction d’appliquer des suppléments d’honoraires aux patients BIM à compter du 1er juillet 2026".
Solidaris a mené une étude sur les inégalités socio-économiques d’accès au traitement orthodontique et analysé ce que paie réellement les patients.
Les résultats montrent que pour la moitié des bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM), le coût total des suppléments pour un traitement orthodontique régulier s’élève à 2.044,75 euros, après remboursement de l’assurance obligatoire (chiffres 2024).
Mieux, mais encore trop d'inégalités
- La prise en charge progresse en Wallonie: entre 2014 et 2024, la proportion d’enfants pris en charge pour un traitement orthodontique classique ou régulier est passée d’un enfant sur quatre (26%) à un enfant sur trois (31,19%).
- Les inégalités persistent dans l’accès au traitement entre les BIM et les assurés ordinaires (AO): un enfant AO sur trois est pris en charge, contre un sur quatre parmi les enfants BIM.
- Un BIM sur deux paie plus de 2.000 euros pour un traitement orthodontique régulier… et la facture devrait encore augmenter à l’avenir ("basé sur les tarifs de l’honoraire légal remboursé et les suppléments facturés dans un contexte où une majorité de praticiens sont non-conventionnés et fixent donc librement leurs tarifs").
L’assurance complémentaire et une assurance dentaire facultative peuvent contribuer à faire baisser les coûts élevés encore à charge (du moins pour les patients qui y sont affiliés), "mais même après intervention de ces assurances, un BIM sur deux doit encore prendre en charge un montant de 1.094,75 euros. Un montant conséquent pour de nombreux ménages modestes et qui s’avère être un frein important à l’accès au traitement", alerte la mutualité socialiste.
Et la facture va grimper...
Le nouvel accord dento-mutualiste introduit des tarifs maximaux autorisant des dépassements d’honoraires pour tous les patients, en anticipation de l’interdiction des suppléments pour les patients BIM, selon Solidaris. "Ces tarifs sont souvent équivalents ou supérieurs aux suppléments actuels, ce qui risque d'entraîner une hausse du coût des soins orthodontiques et une dégradation de l’accessibilité financière pour les plus vulnérables."
Ces tarifs n’étant pas intégrés dans le maximum à facturer (MàF), la mutualité alerte sur les conséquences, estimant que la sécurité tarifaire ne garantit pas l’accessibilité. "Un budget de 18 millions d’euros aurait pu être utilisé pour réduire significativement la facture des patients BIM sans reporter la hausse sur les patients."
Solidaris recommande :
-D’allouer les 18 millions d’euros prévus pour les soins dentaires à un remboursement majoré pour les patients BIM ;
- D’intégrer les tarifs maximaux dans le MàF dans la réforme tarifaire ;
- D’identifier un critère permettant d’objectiver des besoins médicaux spécifiques dans le cadre du traitement régulier pour améliorer l’accessibilité financière.