Un médecin soupçonné de fausses factures pour plus de cinq millions d'euros
Un médecin de Waterloo est soupçonné d'avoir délesté la sécurité sociale de plus de cinq millions d'euros au cours des dernières années, écrit lundi Het Laatste Nieuws. Une enquête judiciaire est en cours.
Entre 2019 et 2025, le praticien était à la tête de la résidence des "Cygnes de l'Étang" à Charleroi, qui accueillait une cinquantaine de personnes en situation de vulnérabilité. Le médecin est soupçonné d'avoir utilisé pendant plusieurs années leurs cartes d'identité afin d'émettre de fausses factures auprès de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami).
L'auditorat bruxellois du travail a ouvert une enquête. Un porte-parole de l'instance dépeint dans le journal une fraude d'"au moins cinq millions d'euros". Le médecin nie toute malversation.
Les inspecteurs de l'Inami sont sur sa piste depuis 2020, sans parvenir à l'arrêter, poursuit le quotidien. Chaque fois qu'ils suspendaient sa société, le docteur en créait une nouvelle. Avec la fermeture récente des "Cygnes de l'Étang", des saisies ont été opérées sur des véhicules, le bâtiment et des comptes en banque.
Le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) parle d'une "gifle" portée à "tous les prestataires de soins" et entend renforcer les services d'inspection.
« Erreurs systémiques fondamentales »
La députée N-VA Kathleen Depoorter évoque, quant à elle, « une criminalité organisée sur le dos de personnes vulnérables et de chaque contribuable ». « Je me demande comment une fraude d’une telle ampleur a pu se poursuivre pendant des années sous les yeux de l’INAMI, des mutualités et du parquet », s’interroge-t-elle.
Selon elle, les faits mettent au jour des défaillances systémiques fondamentales. « Comment se fait-il que des numéros INAMI soient utilisés abusivement pendant des années sans que les infirmiers concernés n’en sachent rien ? Cela doit cesser immédiatement », affirme Depoorter, qui a déposé une résolution visant à renforcer le système de contrôle.
Cette résolution plaide pour des notifications automatiques adressées à l’infirmier exécutant chaque fois qu’une prestation est imputée à son numéro INAMI, une mise à jour annuelle de l’organisation de soins à laquelle l’infirmier est affilié, une notification immédiate dans l’eBox de chaque patient lorsque des soins sont effectués, un échange de données en temps réel entre les organismes assureurs, un système de scan d’identité résistant à la fraude, un cadastre médical dynamique, ainsi qu’une coopération plus rapide avec la justice en cas de fraude organisée.