Les femmes "stalkées" courent un plus grand risque cardiovasculaire
Les femmes qui ont déclaré avoir été victimes de harcèlement obsessionnel (plus vulgairement connu sous l'appellation anglophone "stalk") étaient, chacune, plus susceptibles de subir une crise cardiaque et/ou un AVC au cours des années suivant ces faits, selon de nouvelles recherches publiées dans Circulation, la revue phare de l’American Heart Association.
« Bien que la violence à l’égard des femmes soit fréquente et qu'un lien ait été établi entre celle-ci et des conséquences sur la santé cardiaque des femmes, elle n’est toujours pas largement reconnue ni systématiquement prise en compte par les professionnels de santé comme un facteur de risque cardiovasculaire potentiel », a déclaré l’auteure de l’étude, Rebecca B. Lawn, Ph.D., chercheuse associée en épidémiologie à la Harvard T.H. Chan School of Public Health (Boston).
Une Ă©tude sur plus de 66.000 femmesÂ
Environ une femme sur trois est victime de stalk Ă un moment de sa vie, selon les donnĂ©es sur la violence conjugale recueillies par les Centres pour le contrĂ´le et la prĂ©vention des maladies (CDC) aux États-Unis. L’analyse porte sur des donnĂ©es concernant plus de 66.000 femmes, âgĂ©es en moyenne de 46 ans en 2001.Â
« Le harcèlement obsessionnel est souvent perçu comme une forme de violence n’impliquant pas de contact physique, ce qui peut le faire paraître moins grave », a déclaré Rebecca B. Lawn. « Cependant, nos résultats suggèrent qu’il ne faut pas le minimiser. Il peut être chronique, et les femmes déclarent souvent apporter des changements importants en réaction, comme le fait de déménager. »
L'importance des personnes de confiance
Harmony R. Reynolds, professeure de cardiologie à la Joel & Joan Smilow, souligne que les effets du stress peuvent durer longtemps : « C’est dans notre nature de repenser aux événements que nous avons vécus, ce qui nous amène à revivre la situation encore et encore. Cependant, le soutien social peut atténuer les effets du stress. Il est utile d’avoir des personnes de confiance à qui parler, qu’il s’agisse de la famille, d’amis, de membres de la communauté ou de professionnels. »
Les auteurs de l’étude notent que le lien entre le stalk et les maladies cardiovasculaires pourrait être dû à la détresse psychologique, susceptible de perturber le système nerveux, le bon fonctionnement des vaisseaux sanguins et d’autres processus biologiques. Toutefois, ces mécanismes potentiels n’ont pas été examinés en détail dans cette étude.