À Erasme, un arbre pour les bébés disparus
L’Hôpital universitaire de Bruxelles (H.U.B) inaugure ce 15 octobre l’Arbre des Familles sur le site d’Erasme, à Anderlecht. Ce lieu de mémoire accueillera toutes les familles confrontées à un deuil périnatal, quel que soit le stade de la grossesse et leur établissement de prise en charge.
Comment garder une trace d’un enfant décédé pendant la grossesse ou autour de la naissance ? À l’occasion de la Journée mondiale du deuil périnatal, l’équipe de gynécologie-obstétrique de l’Hôpital Erasme apporte une réponse avec l’Arbre des Familles. Cette sculpture offre aux parents et à leurs proches un espace pour se recueillir et reconnaître la place de leur bébé dans l’histoire familiale.
Dès les premières semaines, une grossesse peut susciter des attentes et créer des liens. Lorsqu’elle s’interrompt, l’intensité du deuil ne se mesure pas à sa durée. « La douleur ne dépend en rien de l’âge du bébé qui est décédé », souligne la Dre Caroline De Coninck, gynécologue à Erasme. L’équipe souhaite ainsi proposer un lieu de mémoire, y compris aux parents qui ne disposent pas d’une sépulture où se recueillir.
Rompre l’isolement
Le projet trouve son origine dans une question posée à la gynécologue par un père. Confronté au mauvais état de santé de son fils et à la possibilité d’une interruption médicale de grossesse, il lui avait demandé : « Est-ce que nous sommes nombreux à vivre une telle tristesse ? »
Cette interrogation a marqué la Dre De Coninck. Elle révèle la solitude qui peut entourer un deuil encore difficile à évoquer. « Avec cet Arbre des Familles, je voudrais que les familles endeuillées se sentent moins seules, que l’on ose davantage parler de ces bébés et de leur perte », explique-t-elle. Mettre des mots sur ce qui s’est passé participe aussi, selon elle, à l’accompagnement des parents.
Un lieu ouvert à tous
Imaginée par l’artiste Nicolas d’Oultremont, la sculpture en acier Corten prend place dans le parc Vogelenzang, près du parcours méditatif situé à l’arrière de l’Institut Jules Bordet. Ses feuilles métalliques s’entrechoquent doucement sous l’effet du vent et produisent des sonorités changeantes.
L’espace sera accessible à tout moment, y compris aux familles qui n’ont pas été prises en charge au sein de l’H.U.B.
Lors de l’inauguration, les participants seront invités à accrocher à l’arbre un ruban portant le nom et la date de décès de leur enfant. Une manière de rappeler son existence et la place qu’il conserve auprès de ses proches.