L’ULB s’équipe pour observer le cerveau en mouvement
L’Université libre de Bruxelles accueillera le premier système complet de magnétoencéphalographie portable en Belgique. Attendue pour septembre 2027, cette infrastructure permettra d’étudier l’activité cérébrale dans des conditions plus naturelles, notamment chez les enfants et les personnes atteintes de maladies neurologiques.

Observer le cerveau pendant que le patient bouge, se tient debout ou traverse une crise d’épilepsie : c’est l’une des perspectives ouvertes par le nouvel équipement annoncé par l’Université libre de Bruxelles (ULB). Soutenue par le Fonds européen de développement régional (FEDER), l’acquisition s’inscrit dans le projet MEG4BXL, doté d’un budget total de près de 3,3 millions d’euros.
La société britannique Cerca Magnetics fournira le dispositif. Il comprendra 192 capteurs et une chambre magnétiquement blindée de quatre mètres sur trois, destinée à protéger les mesures des perturbations extérieures.
Des capteurs au plus près du cerveau
La magnétoencéphalographie (MEG) mesure les infimes champs magnétiques produits par l’activité cérébrale. Sans irradiation, elle permet de suivre cette activité à l’échelle de la milliseconde.
La nouvelle génération repose sur des magnétomètres à pompage optique, désignés par le sigle anglais OPM. Placés au plus près du cuir chevelu, ces capteurs fonctionnent sans refroidissement cryogénique. Selon l’ULB, ils offrent des enregistrements plus précis et plus sensibles, y compris lorsque la personne bouge. Le caractère portable concerne donc les capteurs portés par le participant : les examens se déroulent dans une chambre blindée.
« L’OPM-MEG change profondément la manière dont nous pouvons observer le cerveau humain en fonctionnement », explique le Pr Xavier De Tiège, porteur du projet. « Elle nous permet de rapprocher l’imagerie cérébrale des conditions de la vie réelle et d’ouvrir de nouveaux champs de recherche, en particulier chez l’enfant et chez les personnes avec une maladie du cerveau. »
Du développement cérébral à l’épilepsie
L’infrastructure soutiendra des recherches sur le développement cérébral, le langage, la cognition et l’épilepsie, ainsi que sur les maladies neurodéveloppementales et neurodégénératives.
L’équipe envisage notamment d’étudier l’activité cérébrale pendant des mouvements ou des crises d’épilepsie. Le dispositif doit aussi permettre d’explorer le fonctionnement du cerveau fœtal, dans des conditions d’enregistrement confortables pour les futures mères.
L’objectif est de faciliter le passage des avancées technologiques à la recherche clinique, puis, à terme, à des applications pour les patients.
Une mise en service en septembre 2027
Le nouvel équipement complétera les outils de neuroimagerie de l’ULB, dont la MEG cryogénique et le PET-MR, qui associe la tomographie par émission de positons à l’imagerie par résonance magnétique.
Sa mise en service est prévue en septembre 2027. Le budget du projet atteint précisément 3.272.541 euros : l’Union européenne en finance 40 %, la Région de Bruxelles-Capitale 55 % et les 5 % restants proviennent d’un cofinancement.