Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer
Alzheimer : les capacités préservées, une clé pour comprendre les troubles du comportement
À l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer (21 septembre), le Pr Laurent Lefebvre, recteur de l’Université de Mons, présente les résultats d'une recherche financée par la Fondation Stop Alzheimer. Ses travaux montrent l’intérêt d’identifier les capacités exécutives encore préservées chez les personnes vivant avec Alzheimer afin de mieux comprendre les troubles du comportement et d’adapter les échanges ainsi que l’accompagnement.
À première vue, une personne qui déambule sans cesse, refuse un soin ou se montre agressive « pose un problème ». Mais si ce comportement était aussi une manière de communiquer ? Une douleur, un besoin de sécurité, de l’ennui, de l’anxiété ou une difficulté à s’exprimer peuvent parfois se cacher derrière ces manifestations.
« Un comportement peut être une manière de communiquer un besoin lorsque la personne ne parvient plus à l’exprimer autrement. Comprendre ce qui se trouve derrière l’agitation, l’opposition ou l’agressivité peut aider à adapter la communication et le contexte d’accompagnement », explique Laurent Lefebvre, recteur élu de l’Université de Mons et par ailleurs lauréat de Stop Alzheimer.
Repérer les capacités préservées
Les travaux de l’équipe montoise s’intéressent notamment aux fonctions exécutives : des processus cognitifs qui permettent de s’adapter, de planifier, d’inhiber une réaction ou de passer d’une idée à une autre.
Dans la maladie d’Alzheimer, ces fonctions peuvent être altérées, mais certaines capacités restent préservées. Leur identification peut fournir des indications utiles sur la manière dont la personne communique, réagit à son environnement et peut encore être mobilisée dans les échanges.
La recherche s’appuie notamment sur ExEcoLang Scan, un outil d’évaluation du fonctionnement exécutif. À partir d’un enregistrement de discours semi-spontané, il analyse certains marqueurs du langage afin d’établir un profil individualisé.
L’objectif est de mieux comprendre les processus cognitifs susceptibles de contribuer aux troubles du comportement et d’identifier des leviers d’accompagnement : simplifier les échanges, adapter le rythme, ajuster les attentes ou créer un contexte émotionnel plus favorable.
Un enjeu pour toute la famille
Les troubles du comportement peuvent entraîner une diminution de la qualité de vie, davantage de difficultés relationnelles et un sentiment d’impuissance chez les proches. Ils peuvent aussi augmenter le stress professionnel et compliquer la réalisation des soins.
Cette problématique prend une dimension particulière au regard du temps consacré par les aidants proches. Une recherche menée par Sciensano et financée par Stop Alzheimer indique que les aidants qui vivent avec une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ou d’une pathologie apparentée consacrent en moyenne 139 heures par semaine aux soins, à la supervision et au soutien émotionnel.
« Les recherches psychosociales permettent de travailler sur des difficultés très concrètes, rencontrées chaque jour par les familles et les professionnels. En finançant ces projets, Stop Alzheimer contribue à faire émerger des outils destinés à mieux comprendre la maladie et à améliorer l’accompagnement », souligne Lucie Leroux, responsable de la Fondation Stop Alzheimer.
Cette recherche de l’Université de Mons sera présentée le lundi 21 septembre lors du congrès organisé par Stop Alzheimer au Musée de la Bande Dessinée à Bruxelles. Consacrée à la prévention et à la recherche psychosociale sur la maladie d’Alzheimer et les pathologies apparentées, cette rencontre réunira près de 300 chercheurs, aidants proches et professionnels.
Les échanges porteront également sur la résistance lors des soins bucco-dentaires, l’accompagnement des repas, la capacité de discernement, la prévention ainsi que les enjeux économiques et sociétaux liés à la maladie.