Economies budgétaires
UNESSA: les acteurs associatifs sont à bout
Après la mobilisation du non-marchand de Bruxelles ce 7 avril et à la veille de la mobilisation générale en Fédération Wallonie-Bruxelles, UNESSA dénonce les économies budgétaires qui frappent de plein fouet ses affiliés, pourtant actifs dans des secteurs essentiels à notre équilibre social. Au-delà de l’insécurité financière, la fédération pointe du doigt l’effet cumulatif délétère des mesures d’économies prises aux différents étages de la maison Belgique.
Tous les niveaux de pouvoir belge sont à la disette budgétaire et ont pour maître-mot le désendettement. En corollaire, les structures représentées par UNESSA et financées par des fonds publics voient leurs perspectives financières fondre comme neige au soleil, sans vision aucune sur le moyen ou le long terme.
Gels d’indexations, économies à réaliser, réduction de financement des contrats ACS (agents contractuels subventionnés) et des APE (aides à la promotion de l’emploi) … Le secteur associatif est victime de l'accumulation de mesures impactant ses financements, prises à tous les niveaux de pouvoir. S’ajoute à cette situation inquiétante la guerre au Moyen-Orient qui fait grimper les prix de l’énergie et attise l’inflation. Un cocktail détonnant que le non-marchand a dénoncé hier et dénoncera encore demain.
Dans ce contexte, l’inquiétude d’UNESSA et de ses affiliés est plus que justifiée.
Hécatombe en vue à Bruxelles ?
La situation des affiliés d’UNESSA à Bruxelles est d’ailleurs très parlante. Trois piliers essentiels de notre société y sont menacés : l’accueil de la petite enfance, l’aide à la jeunesse et l’insertion socioprofessionnelle. Les mesures qui y limitent le financement des ACS, menacent au minimum un tiers des emplois au sein des structures affiliées à UNESSA. Et s’agissant souvent de petits effectifs, l’effet serait dévastateur. Certaines équipes sont constituées à 50% de contrats ACS, voire à quasi 100%.
Concrètement les mesures bruxelloises d’austérité budgétaire signifient un recul de l’accompagnement psychosocial des enfants, des pertes de places dans les crèches, un affaiblissement de l’accompagnement destinés aux jeunes en difficulté et aux personnes sans emploi.
Trouver des pistes en concertation avec les secteurs
UNESSA est consciente que les déficits publics doivent être résorbés au mieux. Mais pas n’importe comment. Pour la fédération, il est vital de :
- Rechercher les gains d’efficience et les économies d’échelle avant de pratiquer des coupes sombres ;
- Prendre en compte les mesures prises à tous les niveaux de pouvoir - et leurs effets cumulatifs - qui impactent les budgets de nos structures associatives ;
- Mettre sur pied une réelle concertation en amont des décisions, avec des délais suffisants pour donner le temps aux secteurs de réagir de manière constructive ;
- Considérer la spécificité des secteurs touchés, notamment les pénuries de certains profils qui handicapent déjà le fonctionnement du système ACS/APE ;
- Reculer/postposer l’application de mesures d’économie ou, à tout le moins, prévoir une phase de transition, le temps nécessaire à nos associations pour s'organiser. Il faut éviter toute application rétroactive de ces mesures ;
- Valoriser l'emploi dans le secteur social-santé plutôt que le mettre en péril.
Sans compter que nos structures sont déjà au bout du rouleau, soumises à des budgets structurellement étriqués, des pénuries de personnel et des obligations administratives toujours croissantes. Rien que dans les crèches, la norme actuelle d’une puéricultrice pour 7 enfants est intenable.
Faire toujours mieux (voire plus), avec toujours moins est un leurre. Il est urgent d’arrêter de détricoter notre filet social avec des objectifs à court terme. Le bien-être et la santé de tous se construisent sur le moyen et le long terme. Ne préparons pas aujourd’hui la catastrophe sociale de demain.