Avancée majeure de l'UCLouvain pour le traitement des infections sur prothèses
Des chercheurs de l'UCLouvain ont développé une nouvelle stratégie thérapeutique qui cible directement les biofilms bactériens responsables des infections sur prothèses, signale l'université louvaniste lundi. Selon un modèle expérimental, cette approche a permis une réduction moyenne de 99,9% de la charge bactérienne et ouvre des perspectives importantes pour améliorer la prise en charge des infections sur prothèses, tout en limitant le recours à des traitements lourds et invasifs.

Bien que leur incidence reste relativement faible, ces infections sur prothèses articulaires concernent un nombre croissant de patients en raison de l'augmentation globale du nombre de prothèses implantées et du vieillissement de la population, situe l'UCLouvain. Or elles entraînent des conséquences lourdes, avec des interventions chirurgicales répétées, des hospitalisations prolongées, des traitements antibiotiques de longue durée, une perte fonctionnelle et une altération marquée de la qualité de vie.
L'une des principales raisons de la difficulté à traiter ces infections réside dans la capacité des bactéries responsables, principalement des staphylocoques, à former des biofilms à la surface des implants. Elles ne répondent alors plus aux antibiotiques et sont moins accessibles au système immunitaire.
Cocktail enzymatique
Des chercheurs de l'UCLouvain ont mis au point une nouvelle stratégie thérapeutique visant à cibler directement ce biofilm, en combinant, de manière inédite, un cocktail enzymatique et un antibiotique au sein d'un hydrogel. Cela permet une application locale.
Publiée dans la revue scientifique "Nature Publishing Group Biofilms and Microbiomes", cette stratégie a été évaluée dans un modèle expérimental d'infection associée à un implant. Les résultats ont démontré une efficacité particulièrement élevée: la charge bactérienne a été réduite en moyenne de 99,9999% sur les implants traités et, dans 75% des cas, aucune bactérie n'était détectable 24 heures après la fin du traitement.
Belle percée face à l'antibiorésistance
"Dans la littérature, c'est assez inédit de voir une telle diminution. Ici, on partait de 200 millions de bactéries et il en restait moins de 100, en dessous du seuil de détection", souligne Françoise Van Bambeke, professeure en pharmacologie à l'UCLouvain et directrice de recherche FNRS au Louvain Drug Research Institute.
L'étude n'a par ailleurs pas mis en évidence l'émergence de résistances aux antibiotiques utilisés, un élément essentiel dans le contexte actuel de lutte contre l'antibiorésistance, relève encore l'université louvaniste.
Cette nouvelle approche pourrait en outre permettre d'obtenir un contrôle de l'infection sans recourir à une chirurgie lourde, comme c'est le cas actuellement. Elle pourrait également être adaptée, à terme, à d'autres dispositifs médicaux implantés (que les prothèses articulaires, NDLR) confrontés à des problématiques similaires de biofilms bactériens, sous réserve toutefois d'adaptations et de validations complémentaires.