Vaccin HPV : une dose suffit-elle chez l’adolescent ?
La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) constitue un pilier majeur de la prévention des cancers liés au HPV. Malgré son efficacité, la couverture vaccinale chez les adolescents reste insuffisante dans de nombreux pays. Un essai randomisé récent relance la question d’un schéma simplifié à une dose, avec des implications potentielles pour les stratégies de prévention en pédiatrie.
La vaccination anti-HPV est recommandée dès l’adolescence, avant l’exposition virale. Pourtant, la couverture vaccinale reste en deçà des objectifs de santé publique. En Belgique, 69,3 % des filles de moins de 15 ans étaient vaccinées en 2024, loin de l’objectif de 90 % fixé par l’OMS [1]. Dans ce contexte, simplifier le schéma vaccinal pourrait améliorer l’adhésion des adolescents et de leurs parents, et favoriser la réalisation complète du schéma vaccinal.
Une non-infériorité démontrée à cinq ans
Cet essai randomisé contrôlé a évalué la non-infériorité d’un schéma à une dose par rapport au schéma standard à deux doses chez plus de 20.000 adolescentes âgées de 12 à 16 ans. Le critère principal était la survenue d’une infection persistante à HPV16/18 entre 12 et 60 mois.
Une dose s’est révélée non inférieure à deux doses, avec une efficacité élevée et comparable : 98,2 % avec une dose versus 97,8 % avec deux doses pour le vaccin bivalent, et 97,0 % versus 98,5 % pour le vaccin nonavalent. Une efficacité similaire a également été observée pour les autres types oncogènes du vaccin nonavalent (94,5 % versus 95,8 %). La protection semblait maintenue après cinq ans de suivi.
Des données prometteuses, mais encore limitées
Ces résultats s’expliquent par la forte immunogénicité des vaccins anti-HPV, basés sur des particules pseudo-virales induisant une réponse humorale robuste et durable, y compris après une seule injection. Aucun signal de sécurité particulier n’a été identifié, avec un profil de tolérance conforme aux données établies.
Plusieurs incertitudes persistent néanmoins. La durée de protection au-delà de cinq ans reste à préciser et nécessite un suivi prolongé. Par ailleurs, l’étude n’était pas conçue pour évaluer des critères cliniques tels que les lésions précancéreuses ou le cancer.
En pratique, ces données sont encourageantes mais ne remettent pas en cause les recommandations actuelles, qui reposent toujours sur un schéma à deux doses chez l’adolescent de 9 à 14 ans. Elles suggèrent toutefois qu’un schéma simplifié pourrait, à terme, faciliter la mise en œuvre de la vaccination en pédiatrie, en réduisant les freins à la vaccination et en simplifiant le parcours vaccinal, si ces résultats sont confirmés à plus long terme.
Références
1. Sciensano. Performance du système de santé belge : rapport 2024. Bruxelles: Sciensano; 2024. Disponible sur: https://www.belgiqueenbonnesante.be/metadata/hspa/2024/HSPA2024_Prevention_FR.pdf
2. Kreimer AR, Herrero R, Sampson JN, et al. Efficacy of a Single Dose of HPV Vaccine in Young Women. N Engl J Med. 2025;393:2421-2433. doi:10.1056/NEJMoa2506765