Caisses d’assurance maladie

Jean-Pascal Labille (Solidaris) : « Les patients ont assez payé »

Pour le secrétaire général de Solidaris, « l’économie d’aujourd’hui risque de devenir une facture plus élevée pour la collectivité demain. »

Augmenter le montant du ticket modérateur ? Le patron de l'Union nationale des Mutualités socialistes (UNMS/Solidaris) rappelle d'emblée que « le ticket modérateur est censé freiner les soins inutiles. Mais il n’a jamais rempli ce rôle. Par contre, il freine les soins nécessaires. » Jean-Pascal Labille rappelle également que quatre patients sur dix reportent au moins un soin, par an, pour raisons financières, en Wallonie.

« Quand on hésite à consulter faute d’argent, la maladie peut s’aggraver et nécessiter des traitements plus lourds. L’économie d’aujourd’hui risque de devenir une facture plus élevée pour la collectivité demain », souligne-t-il.

La part du patient plus lourde chez nous que chez nos voisins

« En Belgique, les financements à charge du patient représentent 26,6 % des dépenses de santé, contre 13,7 % en Allemagne, 17 % en France et 16,9 % aux Pays-Bas. Cette législature impose déjà aux patients 272 millions d’euros d’efforts supplémentaires en augmentations de tickets modérateur. Leur contribution devient une variable d’ajustement budgétaire : quand le gouvernement cherche de nouvelles économies, il leur présente à nouveau la facture », explique le patron de Solidaris.

Et de poursuivre : « On nous dira qu’il ne s’agit que de quelques euros. Mais ces euros se répètent à chaque consultation, à chaque boîte de médicaments. Les hausses intervenues depuis 2015 s’ajoutent aux autres coûts que les coupes dans les services et les protections font peser sur les ménages. Pour une personne malade au budget serré, aucune augmentation n’est anodine. C'est tout un modèle de soins de santé fort et accessible qui est remis en cause. »

D'autres solutions existent

Il y a quelques jours, six organisations dont Solidaris - avec santhea, le GBO, la FGTB, la FMM et la FCSD - proposaient un plan d’urgence pour préserver le financement de l’assurance maladie.

« Une autre voie existe », assure Jean-Pascal Labille. « Avec nos partenaires, nous proposons cinq mesures pour mobiliser 750 millions d’euros de recettes annuelles à l’horizon 2029, sans augmenter la facture des patients. Avant de demander davantage à ceux qui sont malades, le gouvernement doit se saisir de ces solutions. »

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