Chaleur: plus de 50.000 décès, cet été, en Europe
Plus de 50.000 décès liés à la chaleur auraient été enregistrés cet été dans 854 zones urbaines de 30 pays européens, dont la Belgique, ressort-il de deux études publiées dans la revue scientifique Nature Health. Les auteurs, de l'Imperial College London et de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, font état d'un bilan sans précédent. Les deux tiers seraient imputables au changement climatique.
C'est le nombre de décès le plus élevé depuis 26 ans, soit depuis le début de la période étudiée. Il dépasse largement les étés 2003 et 2022, au cours desquels 28.000 et 29.000 décès excédentaires liés à la chaleur avaient été estimés dans les zones urbaines analysées.
L'été 2026 a été marqué par une succession de vagues de chaleur, tout particulièrement en Europe occidentale. Les températures moyennes estivales ont dépassé de 2,9°C la moyenne de référence de la période 1991-2020. Certains jours, cet écart a atteint 12°C.
50.391 décès, précisément
Les scientifiques ont examiné 854 zones urbaines, représentant environ 40% de la population, réparties dans les 27 États membres de l’Union européenne, ainsi qu'en Norvège, au Royaume-Uni et en Suisse. L’étude, publiée dans Nature Health, révèle que 50.391 personnes sont décédées au cours de l’été en raison des chaleurs extrêmes.
Près d'un tiers des décès seraient survenus entre le 17 juin et le 1er juillet, lorsque les températures moyennes journalières ont dépassé de plus de 5°C la moyenne de référence dans la zone étudiée. La proportion des décès liés à la chaleur attribuée au changement climatique augmente au fil du temps: estimée à environ 40% au début du siècle, elle atteindrait deux tiers en 2026, montrent les deux études.
Surmortalité en Belgique
En Belgique, 693 décès excédentaires, dans 15 zones urbaines, ont été dénombrés, dont 393 (56%) sont attribuables au changement climatique, précisent les deux études.
Le changement climatique d'origine humaine a plus que doublé le nombre de décès liés à la chaleur en juin dernier dans le pays, rapportait, il y a quelques jours, la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Sur 1.181 décès statistiquement attribués aux températures extrêmes enregistrées entre le 17 et le 28 juin sur l'ensemble du territoire, 665 (56%) ne seraient pas survenus sans l'influence des activités humaines sur le climat.
Les chiffres belges de MOMO, qui permettent de mesurer la surmortalité, montraient, entre le 18 juin et le 1er juillet, que notre pays avait enregistré 1.747 décès de plus que la moyenne : 682 en Flandre, 159 à Bruxelles et 919 en Wallonie.
« Malheureusement, beaucoup de personnes sous-estiment encore les effets de la chaleur », expliquait alors le Dr Jules Vertriest, médecin spécialiste du climat en Flandre, dans une interview au journal du Médecin. « Même les personnes jeunes et en bonne condition physique sont vulnérables face aux températures enregistrées et doivent adapter leurs activités (notamment sportives) à la chaleur. Nous devons continuer à rappeler le plus largement possible les recommandations de base : boire suffisamment, maintenir son environnement au frais et veiller les uns sur les autres. »
6.000 morts chez les moins de 65 ans
L'Europe occidentale et méridionale a enregistré les températures les plus élevées, ainsi que les taux de mortalité estimés les plus importants. Les régions urbaines du nord de l'Europe ont également été touchées. Au Royaume-Uni, environ 4.500 décès liés à la chaleur auraient été enregistrés.
Les personnes âgées restent particulièrement vulnérables, mais les conséquences de la chaleur ne se limitent plus à cette seule catégorie de population. Environ 6.000 personnes de moins de 65 ans auraient succombé à la chaleur dans les 854 zones urbaines étudiées, quel que soit leur état de santé initial.
"Cela nous rappelle une fois de plus à la fois la nécessité de mettre en place des mesures ciblées pour protéger les personnes les plus vulnérables à ces vagues de chaleur de plus en plus extrêmes, et la nécessité croissante de s'affranchir rapidement des combustibles fossiles afin de ralentir le rythme du changement climatique et de limiter le réchauffement futur", souligne la chercheuse Clair Barnes, de l'Imperial College London.