Près de 11 milliards de déficit...
France: la Sécu aussi dans le viseur des économies budgétaires
Le projet de budget de la Sécurité sociale en France, présenté en conseil des ministres, propose une diète stricte pour diviser quasi par deux son déficit et le ramener à 12,7 milliards d'euros. Au total, le budget français pour 2027 prévoit 43 milliards d’euros d'économies pour ramener le déficit à 5 % du PIB, contre 5,6 % prévu cette année.
Le gouvernement français veut inverser une tendance à la hausse, avec un déficit établi à 10,8 milliards. Un arsenal de mesures d'économies toucheront les retraités, les malades, les bénéficiaires de certaines allocations sociales et mettront aussi à contribution les entreprises et les acteurs du monde de la santé.
Le gouvernement veut contenir à 2% la croissance des dépenses d'assurance maladie (hausse naturelle estimée à 3,5% sans mesures d'effort), avec environ 5 milliards de mesures d'économies.
Il s'attaque notamment aux arrêts maladie: les partenaires sociaux sont appelés à trouver 1 milliard d'économies pour la fin de l'année.
Le budget de l'Etat comprend aussi une mesure de hausse de la fiscalité des indemnités journalières reçues par les malades pour dégager 1 milliard d'euros.
La voie de la non-indexation
"Des mesures difficiles, courageuses", mais "l'effort sera partagé" et "juste", assure le ministre de l'Economie Roland Lescure, qui a présenté les budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale.
Côté sécurité sociale, la mesure la plus massive concerne les retraites, sur lesquelles le gouvernement veut économiser 5,5 milliards par rapport à la hausse des dépenses (+13 milliards d'euros estimés en 2027 sans mesures d'effort). Seuls les retraités les plus modestes (1.260 euros mensuels ou moins) seraient totalement épargnés, soit 1,4 million de personnes, selon le plan du gouvernement.
L'exécutif laisse au Parlement le soin de trancher les modalités exactes de l'opération, entre deux leviers: une désindexation totale ou partielle des pensions (par rapport à l'inflation) et une baisse, voire une suppression, de l'abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités.
Les allocations familiales également dans le viseur
Les prestations familiales seront gelées et l'allocation de rentrée scolaire réformée pour économiser 1,1 milliard d'euros. Toutefois les bénéficiaires du minimum vieillesse, de l'allocation adulte handicapé et du RSA verront eux leurs prestations réévaluées normalement.
Les gels seraient réversibles: le prochain gouvernement, après les élections au printemps prochain, "pourra revenir dessus dès qu'il le souhaite" par un décret simple, a indiqué le ministre des Comptes publics David Amiel.