Oncologie

Seules 4 femmes belges sur 10 connaissent les symptômes du cancer du sein

Le médecin généraliste joue un rôle clé

Les femmes belges sont souvent confrontées au cancer du sein dans leur entourage et s’en inquiètent, mais elles connaissent encore insuffisamment ses symptômes. Certains groupes, notamment les femmes les plus jeunes et les plus âgées, sous-estiment le risque et se sentent moins bien informés. C’est ce qui ressort d’une nouvelle enquête.

Erik Derycke - 17 septembre 2026

Une enquête en ligne [1], menée durant l’été 2026 auprès de 1.200 femmes en Belgique, montre que plus de 7 femmes sur 10 connaissent une personne qui a ou a eu un cancer du sein. Pour près de 6 sur 10, il s’agit d’un membre de la famille. Conséquence : près de 8 femmes sur 10 déclarent s’inquiéter, au moins de temps en temps, de développer elles-mêmes un cancer du sein.

Paradoxalement, cette inquiétude ne s’accompagne pas d’une bonne connaissance des signes d’alerte. Si près de 8 femmes sur 10 disent bien connaître l’aspect et la sensation habituels de leurs seins et y prêter activement attention, seules 39 % affirment connaître les symptômes du cancer du sein.

Près de deux tiers des femmes connaissent donc insuffisamment les symptômes ou ont des doutes à ce sujet.

Les jeunes femmes semblent particulièrement touchées par ce déficit d’information : seule une femme sur quatre âgée de 18 à 39 ans dit connaître les symptômes, contre 51 % des femmes de 50 à 69 ans. Par ailleurs, moins d’un tiers des femmes pratiquent régulièrement un auto-examen des seins.

Des idées reçues persistantes

L’enquête montre que plusieurs idées fausses restent tenaces. Ainsi, 11 % des femmes considèrent l’utilisation de déodorant comme un facteur de risque du cancer du sein, 10 % un coup ou un traumatisme au niveau du sein, 10 % les implants mammaires et 4 % le port d’un soutien-gorge à armatures.

Parmi les femmes qui pensent pouvoir réduire elles-mêmes leur risque, près d’une sur cinq estime se protéger en n’utilisant pas de déodorant, et une sur dix en ne portant pas de soutien-gorge à armatures. Chez les femmes d’origine non belge, ces proportions doublent même.

Certains facteurs de risque établis sont toutefois mieux identifiés. Ainsi, 72 % des femmes citent les antécédents familiaux ou la prédisposition génétique comme facteur de risque important du cancer du sein. Plus d’un tiers mentionne le tabagisme et près d’un quart l’alcool.

Les répondantes associent également le risque à certains facteurs liés au mode de vie : 22 % citent le stress parmi les principaux facteurs de risque supposés, un pourcentage plus élevé en Wallonie et à Bruxelles.

Les sources d’information

Pour les informations relatives à la santé, le médecin généraliste reste le principal canal pour 72 % des femmes, devant le spécialiste (49 %). Par ailleurs, 29 % recherchent des informations via des moteurs de recherche comme Google.

Les outils d’intelligence artificielle sont déjà utilisés par 14 % des femmes pour rechercher des informations de santé ; chez les plus jeunes, cette proportion atteint 20 %.

Les femmes d’origine non belge utilisent plus de deux fois plus souvent les réseaux sociaux pour rechercher des informations de santé. TikTok est particulièrement populaire dans ce groupe : 50 % l’utilisent à cette fin, contre 16 % des femmes d’origine belge.

Un quart des femmes (26 %) disent ne pas savoir où trouver des informations fiables. C’est surtout le cas des plus jeunes : 41 % des 18-39 ans, contre 26 % des 50-69 ans et 9 % des 70 ans et plus.

« Le médecin généraliste joue un rôle clé, non seulement pour orienter les femmes vers le dépistage, mais aussi pour répondre à leurs questions, corriger les idées reçues et leur rappeler les bons réflexes. L’objectif n’est pas d’inquiéter inutilement, mais de fournir aux femmes des repères fiables : connaître leur corps, savoir quand consulter un médecin et ne pas rester seules en cas de doute », souligne le Dr Marleen Finoulst, rédactrice en chef du Centre de connaissances sur le cancer du sein de Pink Ribbon.

Les campagnes de sensibilisation n’atteignent pas encore toutes les femmes

Un peu plus de la moitié seulement des répondantes (53 %) disent se sentir concernées par les campagnes de sensibilisation existantes. Celles-ci trouvent surtout un écho auprès des femmes déjà éligibles au programme organisé de dépistage du cancer du sein.

Une répondante sur cinq estime que les campagnes de sensibilisation ne correspondent pas à sa propre situation et 20 % n’ont pas le sentiment que le message leur est destiné.

Les femmes d’origine non belge demandent davantage de diversité dans les profils représentés dans les campagnes. Elles souhaitent aussi plus souvent des messages plus courts et plus clairs, davantage d’informations pratiques et une meilleure représentation des femmes d’origine non belge.

« Il est important d’adapter la communication aux différents publics », estime Juliette Berguet, cofondatrice et administratrice de l’ASBL Baob Brussels. « Les femmes plus jeunes et plus âgées, mais aussi celles issues d’horizons différents, ne se sentent pas toujours interpellées de la même manière par un même langage ou par les mêmes canaux de communication. »

Des modèles de seins uniques

Afin d’encourager les femmes à être attentives à la santé de leurs seins, Pink Ribbon et Novartis poursuivent la campagne « Wander Boobs ». Dans les hôpitaux, les établissements de santé et d’autres organisations concernées, deux modèles éducatifs hyperréalistes de seins sont présentés. Ils ont été conçus pour reproduire l’apparence et le toucher de la peau d’une femme âgée de 60 à 70 ans.

Les modèles présentent 8 des 9 principaux signes d’alerte du cancer du sein et permettent ainsi de rendre le risque potentiel plus concret et plus facilement reconnaissable.

[1] Enquête en ligne réalisée par l’institut d’études iVOX pour le compte de Novartis entre le 3 août 2026 et le 18 août 2026 auprès de 1.200 femmes belges, avec un échantillon représentatif en termes de langue, d’âge et de niveau d’éducation. La marge d’erreur maximale pour un échantillon de 1.200 femmes belges est de 2,74 %.

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