Selon une étude néerlandaise
De nombreux parents de bébés prématurés présentent des symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT)
Plus d’un tiers des mères, et environ un père sur six, de bébés nés très prématurément présentent des symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT), selon une étude menée dans toutes les unités de soins intensifs néonatals aux Pays-Bas, à laquelle ont participé 217 familles de nourrissons nés avant 29 semaines de grossesse. Les chercheurs préconisent dès lors de surveiller activement la santé mentale des parents pendant l’hospitalisation.
Selon les auteurs de cette étude, les conséquences pour les parents sont malheureusement encore souvent sous-estimées.
« Les parents éprouvent souvent un sentiment d’impuissance », explique l’une des chercheuses, la Pre Lotte Haverman, de l’UMC d'Amsterdam. « Ils doivent assister à des interventions lourdes pratiquées sur leur nouveau-né, or c'est incontestablement une expérience bouleversante. »
Dépister le plus tôt possible
Sa collègue, la psychologue et chercheuse Kirsten Muller, ajoute : « Si vous ne l’avez pas vécu vous-même, vous ne pouvez pas savoir ce que traversent les parents d’enfants nés prématurément. »
Les chercheurs préconisent donc un dépistage précoce et structuré de la santé mentale des deux parents. Selon eux, il convient à cet égard de tenir compte du type de symptômes : le stress post-traumatique semble évoluer différemment des symptômes dépressifs.
L’étude montre en outre que tous les parents ne présentent pas le même niveau de risque. En identifiant dès le début des facteurs tels que des antécédents de troubles psychiques, des événements de vie marquants et le stress pendant la grossesse, il pourrait être possible de repérer plus rapidement les parents vulnérables et de leur proposer un accompagnement ciblé.
Les chercheurs souhaitent poursuivre leurs travaux afin de déterminer quelles interventions sont les plus efficaces pour prévenir le stress chez les parents d’enfants nés extrêmement prématurément ou pour le traiter précocement.
Des chiffres sans doute sous-estimés
Toutes les unités néerlandaises de soins intensifs néonatals ont participé à l’étude. Les chercheurs ont interrogé 217 familles dont l’enfant était né avant 29 semaines de grossesse. Ils l’ont fait à trois moments au cours des premiers mois suivant la naissance.
Les chercheurs estiment par ailleurs que leurs chiffres sont probablement sous-estimés. Les parents présentant des symptômes de stress sévère n’ont pas toujours rempli tous les questionnaires, peut-être en raison d’un comportement d’évitement.
En outre, les parents qui ne parlaient ni néerlandais ni anglais, ainsi que ceux dont le bébé était décédé, n’ont pas été inclus dans l’étude.
Référence
Kirsten S. Muller, ea. Parent Mental Health From Preterm Birth Through the NICU Stay. Pediatrics 2026; e2026076477. doi.org/10.1542/peds.2026-076477